La colère des Ivoiriens de Tunisie après la mort d'une figure de la communauté

Des Ivoiriens de Tunisie se sont mobilisés à Tunis, ce 24 décembre, après le meurtre du président de l'Association des Ivoiriens de Tunisie.
© FETHI BELAID / AFP

A Tunis, la communauté ivoirienne est sous le choc. Dans la nuit de samedi à dimanche, le président de l’Association des Ivoiriens de Tunisie a été tué par des malfaiteurs. Plusieurs rassemblements ont eu lieu pour lui rendre hommage, dénoncer le racisme dans le pays et demander des comptes aux autorités.

Falikou Coulibaly a succombé à ses blessures après avoir été poignardé dans son quartier de La Soukra, en banlieue de Tunis. Certains témoins affirment que les malfaiteurs voulaient lui dérober son téléphone, d’autres qu’il se serait interposé dans une affaire de vol.

Seule certitude pour les Ivoiriens qui ont manifesté leur colère, le président de l’association des Ivoiriens de Tunisie est mort non parce qu’il dirigeait une association mais parce qu’il était noir, membre d’une communauté vulnérable et discriminée. Sa mort a eu l’effet d’un électrochoc pour la communauté ivoirienne, première communauté subsaharienne du pays avec 4 000 à 6 000 ressortissants.

« On est victime de racisme, même à l'école »

Des centaines de ses membres se sont rassemblés devant l’hôpital où il est mort, puis un millier devant l’ambassade de Côte d’Ivoire, rapporte notre correspondant Michel Picard. Ils dénoncent pêle-mêle le racisme au quotidien, le fait d’être traités en citoyens de seconde zone, la difficulté d’accéder au précieux titre de séjour, l’impossibilité de quitter le territoire sans s’acquitter de frais exorbitants ou encore l’inefficacité de la loi contre le racisme adoptée récemment.

« Les Tunisiens aujourd’hui, ils sont racistes. S’ils n’étaient pas racistes, ils n’auraient pas tué un Ivoirien. Tous les Tunisiens ne sont pas racistes, ce sont les délinquants, ce sont eux qui nous tuent » confie Ismaël Bâta, installé depuis deux ans dans le pays.

Alexandre Diaoré travaille depuis trois ans en Tunisie et se dit fatigué. Il  en veut aux Tunisiens, auxquels il passe un message : « Pourquoi nous étouffer ? Vous étouffez les subsahariens. En toute honnêteté, vous êtes méchants. Moralement, psychologiquement, nous sommes accablés. » Ce sentiment est partagé par Blanche, jeune étudiante dynamique qui a rejoint la manifestation pour dire que  « trop, c’est trop » . « Partout on est victime de racisme, même à l’école, partout. Les femmes aussi. Ici, vraiment il y a trop de racisme, on est fatigué de tout ça », estime-t-elle.

Les autorités ont annoncé dans la journée l’arrestation de six ressortissants tunisiens impliqués dans ce crime.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.