Amisom: le Burundi s'oppose au retrait de ses troupes en Somalie

Des soldats burundais de l'Amisom patrouillent en territoire somalien (octobre 2013).
© ABDI DAKAN / AU-UN IST PHOTO / AFP

Une polémique a éclaté depuis que l'Union africaine a demandé au Burundi de retirer un millier de soldats de son contingent en Somalie, le deuxième en importance après celui de l'Ouganda. Bujumbura estime que l'effort doit être partagé et semble être prêt à se battre bec et ongles pour cela. Derrière cette volonté, il y aurait une volonté de garder la main sur une manne financière qui est la bienvenue dans ce pays parmi les cinq plus pauvres du monde et qui est aujourd'hui en crise.

Bujumbura estime que ses droits sont piétinés. « Nous allons nous battre pour que justice soit faite », explique un haut-responsable burundais. Sur le millier de soldats à retirer de Somalie, chacun des cinq pays contributeurs de troupes rapatrie un chiffre proportionnel à ses effectifs déployés sur le terrain.

Officiellement, il s'agit d'« une question de principe » pour un pays qui assure être en Somalie pour « aider un pays frère à retrouver la paix », sa manière de montrer sa reconnaissance envers la communauté internationale, qui l'a aidé en son temps.

Mais en réalité, les missions de paix constituent aujourd'hui pour ce pays qui traverse une grave crise politique et économique une manne financière inespérée.
Le Burundi a déployé rien qu'en Somalie, quelque 5 400 soldats payés chacun 850 euros par mois dont 200 environ tombent dans l'escarcelle de l'Etat.

Sanctions européennes

L'Union africaine transfère surtout tous les trois mois 16 millions d'euros à la banque centrale du Burundi pour payer les soldes et la location du matériel militaire burundais.

Cet argent est devenu aujourd'hui l'une des principales sources de devises, dans ce pays qui en manque cruellement depuis qu'il est sous sanctions budgétaires de l'Union européenne. Désormais, il y en aura moins et Bujumbura devra nourrir et loger ce millier de soldats de retour de mission.

Enfin, leur retrait va également porter un rude coup au moral de la troupe sous-payée dans son pays et qui avait placé dans ces missions son espoir de se refaire financièrement.

Somalie: les contributeurs de l'AMISOM contre un retrait prématuré

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