Ethiopie: une Commission réconciliation pour panser les plaies du pays

Le Premier ministre ethiopien Abiy Ahmed au Parlement d'Addis-Abeba, le 19 avril 2018.
© REUTERS/Tiksa Negeri/File Photo

Le Parlement éthiopien vient de voter une loi prévoyant la création d'une Commission réconciliation. Elle aura pour but de « maintenir la paix, la justice, l'unité nationale et le consensus ». Une décision qui survient alors que les violences intercommunautaires empoisonnent le mandat du Premier ministre Abiy Ahmed. Les violences inter-ethniques ont fait plus de deux millions de déplacés selon l'agence onusienne Ocha. Sans compter les exactions des forces de sécurité souvent dénoncées par les ONG.

Il a fait la paix avec l'Erythrée, des groupes rebelles, des dissidents. Pourtant le Premier ministre Abiy Ahmed n'a pas encore pacifié le pays. La nouvelle Commission réconciliation devra essayer d'y remédier tout en regardant l'histoire tumultueuse de l'Ethiopie.

Officiellement, l'institution devra trouver les causes des conflits passés et faire des recommandations. Le Parlement désignera ses membres, proposés par Abiy Ahmed. La Commission devra écouter toutes les parties, organiser des séminaires de réconciliation mais aussi « enquêter pour identifier les causes des disputes et violations des droits humains ». « Le contexte social des victimes et des agresseurs sera pris en compte », dit également le texte.

« Culture de l'impunité et traumatisme collectif »

Kietil Tronvoll, professeur d'université à Oslo, décrit « un mandat large mais flou, notamment sur ces objectifs et conclusions. Y aura-t-il une justice et des réparations ? » se demande l'enseignant.

Awol Ollo explique lui que « des décennies de violence d'Etat ont créé une culture de l'impunité et un traumatisme collectif. Le pays a besoin de justice et de réconciliation », dit-il. Mais ce chercheur se demande comment le pouvoir alliera les deux. Pour éviter un échec, il recommande une séparation des processus, avec des procédures et objectifs précis.

Après la chute du régime du Derg, en 1987, l'Ethiopie avait déjà tenté un processus similaire. Mais certaines blessures de la société éthiopienne ne sont pas encore guéries.  

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