Elections en RDC: la Céni confirme la tenue du scrutin le 30 décembre

Conférence de presse de la Commission électorale nationale indépendante le 20 décembre: son président Corneille Nangaa annonce le report au 30 décembre des élections prévues le 23 décembre 2018.
© REUTERS/Baz Ratner

A un peu plus de 24 heures des élections générales en RDC, une réunion s'est tenue vendredi dans la capitale Kinshasa, à l'initiative de la Communauté de développement des Etats de l'Afrique australe (SADC) et de la Commission électorale. Elle a rassemblé des candidats à la présidentielle ou leurs représentants. A l’issue de la rencontre, le président de la Céni a confirmé que le vote aurait bien lieu dimanche.

Cette réunion a duré près de quatre heures et c’est Corneille Nangaa, le président de la Céni, qui a parlé le premier à la sortie pour dire ce que tout le monde attendait : « Nous allons tous voter le 30 décembre », a-t-il déclaré. Tous, sauf les électeurs de Beni, Butembo et Yumbi car la Commission électorale maintient son report partiel dans ces circonscriptions.

Ces réunions étaient des concertations, a expliqué Corneille Nangaa. L’objectif de la Céni était de faire signer aux trois principaux candidats à la présidentielle un pacte pour la paix afin que « l’élection se déroule paisiblement ». Une sorte de code de bonne conduite dans lequel les candidats présents s'engageraient à ne pas appeler à la violence avant, pendant et après le scrutin.

Mais cet acte d’engagement n’a pas encore été signé a ensuite expliqué Martin Fayulu, car les candidats d’opposition ont demandé à ce qu’il soit amendé, et notamment à ce que la Céni le signe également et pas seulement les candidats. Et également à ce que les autres candidats à la présidentielle qui n’étaient pas présents y soient associés.

On ne peut pas signer un engagement entre trois candidats. Nous devons signer un engagement entre les candidats et la Céni parce que tout le monde doit être comptable de ses faits et gestes.

Martin Fayulu, candidat de la coalition de l'opposition Lamuka
28-12-2018 - Par Florence Morice

Le candidat de la coalition Lamuka continue aussi de réclamer que les élections aient lieu sur tout le territoire dimanche, y compris Beni, Butembo et Yumbi. « Qu'est-ce qui adviendra si la différence entre le premier et le deuxième est d'un million de voix ? » s'inquiète-t-il, alors que les électeurs de ces régions représentent prés de 1,3 million de personnes.

Une nouvelle réunion à 13h samedi

Un nouveau rendez-vous a donc été fixé samedi 29 décembre au même endroit à 13h, le temps pour chaque candidat de se concerter avec ses équipes, le temps aussi, selon Vital Kamerhe, d’évaluer la réalité des assurances qu’a tenté de donner Corneille Nangaa vendredi après-midi. Des assurances sur l’état du déploiement électoral qui inquiète, sur la délivrance des badges d'accréditation à tous les témoins des candidats qui les réclament encore, des assurances sur la transmission des résultats, car Corneille Nangaa a une nouvelle fois promis que les bulletins papiers feraient foi.

Le directeur de campagne de Félix Tshisekedi continue également de réclamer que le scrutin se tienne partout dimanche. Mais il dit avoir reçu des assurances de la part de la Céni sur une série d'autres questions.

Nous avons souligné que l'insécurité ne viendra pas de l'opposition parce que nous, nous subissons les gaz lacrymogènes et les balles réelles. Donc nous signons cet engagement avec l'espoir que nos amis des FCC et la Céni vont dire au gouvernement d'entendre raison dimanche.

Ecoutez Vital Kamerhe, directeur de campagne de Félix Tshisekedi
29-12-2018 - Par Florence Morice

Mais même si la Céni s’est voulue rassurante, les sujets de méfiance et de désaccords restent encore nombreux. A commencer par cette question de Beni, Butembo et Yumbi. La Céni reste sur sa position mais l’opposition continue de réclamer que le vote n’exclue pas 1,2 million de Congolais pour la présidentielle. Rendez-vous donc demain pour connaître l’issue de ces concertations.


■ Théodore Ngoy saisit la Cour constitutionnelle contre le report partiel du scrutin

Le candidat d’opposition à la présidentielle, Théodore Ngoy, a déposé ce vendredi 28 décembre une requête devant la Cour constitutionnelle de RDC pour tenter de faire invalider la dernière décision de la Commission électorale qui prévoit un report partiel du scrutin pour les circonscriptions de Beni, Butembo et Yumbi, privant du même coup plus d’1,2 million d'électeurs de la présidentielle. Il estime que cette décision est anticonstitutionnelle et met la nation en « péril ». Il demande donc à la Cour constitutionnelle de siéger en urgence pour examiner sa requête afin que le vote ait lieu ce dimanche 30 décembre dans tout le pays.

Je considère premièrement que le cadre légal ne permettait pas de reporter les élections. Il fallait une décision de la Cour constitutionnelle.

Ecoutez Théodore Ngoy
29-12-2018 - Par Florence Morice

La loi ne prévoit a priori pas de délai pour l'examen d'une telle requête.

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