Madagascar: la société civile a constaté des fraudes lors de la présidentielle

Un bureau de vote à Antananarivo, le 19 décembre 2018.
© REUTERS/Clarel Faniry Rasoanaivo

A Antananarivo, les chiffres annoncés par la Céni pour l’élection présidentielle donnent victorieux Andry Rajoelina. L’ancien président obtient un peu plus de 55 % des voix. Son adversaire Marc Ravalomanana conteste ces résultats. La Haute Cour constitutionnelle doit encore confirmer ou infirmer ces résultats et dispose de neuf jours pour le faire. En attendant, les observateurs nationaux se sont réunis ce vendredi 28 décembre au matin et c’est la plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile, qui a pris la parole. Elle a parlé de fraudes et a interpellé les candidats et la Haute Cour constitutionnelle.

Un gouvernement « dépourvu de neutralité », une campagne électorale « exécrable » où candidats rivaux se sont mutuellement dénigrés, des citoyens peu sensibilisés à l'élection, des fraudes... La liste des anomalies relevés par la société civile qui a déployé 7 000 observateurs pendant l'election est longue.

Dans ce climat de contestation des résultats, la plateforme Rohy, qui regroupe plus de 120 organisations de la société civile présente dans les 22 régions de Madagascar, interpelle plusieurs acteurs de l’élection présidentielle. Elle demande d’abord à la Haute Cour constitutionnelle de contrôler tous les résultats des bureaux de vote qui posent problème et de ne pas se contenter de vérifier les procès-verbaux, mais aussi des bulletins de vote.

Elle appelle la HCC à saisir la justice compétente pour poursuivre les auteurs d’infractions électorales. Des fraudes, cette organisation en a constatées, puisqu’elle a déployé plus de 7 000 observateurs lors de l’élection. Des observateurs qui ont été témoins d’achats de vote avec de l’argent ou des biens matériels, notamment.

Si Marc Ravalomanana a dénoncé des fraudes massives, les fraudes viennent des deux côtés, rétorque Faraniaina Ramarosaona, l’une des responsables de cette organisation. « Il y a par exemple l'achat des votes par l'argent et les biens, explique-t-elle. Nous avons vu dans les six régions que nous avons couvertes que c'est le candidat numéro 13, Andry Rajoelina, qui a le plus fait d'achats et d'infractions électorales. Mais les deux en ont fait. ». Des recours seront d’ailleurs déposés à la Haute Cour constitutionnelle par cette plateforme.

Dans ce climat de contestation des résultats par l'ancien président Marc Ravalomanana, la société civile lancent aussi un appel aux candidats, indique Faraniaina Ramarosaona. « Le candidat perdant doit accepter les résultats une fois que toutes les irrégularités, s'il y en a, auront été traitées de manière juste. »

La Haute Cour constitutionnelle a indiqué vendredi sur son site internet que les candidats ont jusqu'à ce samedi soir minuit pour déposer des recours.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.