De nouvelles manifestations dispersées par la police au Soudan

Les forces de l'ordre soudanaises tentent de disperser une manifestation avec des gaz lacrymogènes, vendredi 25 décembre 2018 à Khartoum.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

De nouvelles manifestations ont eu lieu vendredi dans plusieurs villes du Soudan en proie à une vague de protestations depuis le 19 décembre contre notamment la hausse du prix du pain. Les forces de l’ordre ont à nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de balles réelles.

Le fort déploiement des forces de sécurité à Khartoum et les autres villes protestataires comme Omdourman, Port-Soudan, Madani ou encore Atbara, n'a pas empêché le mouvement de se poursuivre pour le dixième jour de manifestations, il s'est même accentué. La participation semble la plus large depuis le 19 décembre, date de début des protestations.

Des centaines de manifestants, hommes, femmes et jeunes sont à nouveau descendus dans la rue ce vendredi 28 décembre après la prière pour scander à nouveau des slogans réclamant la liberté, la dignité, le départ du gouvernement qu'ils disent « corrompu » et celui du président el-Béchir.

Pour la première fois, des prospectus non signés ont été distribués à Khartoum, dénonçant la dictature et le régime militaire.

Les protestataires ont parfois fait preuve d'originalité. A côté des marches de protestation classiques, certains ont manifesté par petits groupes en lisant des poèmes, d'autres en chantant ou en lançant des youyous ; d'autres enfin, tout de blanc vêtu, sont montés par centaines à dos de cheval comme cela s'est observé dans l'Etat d'Al Jazirah, dans le centre du pays.

Le régime de Khartoum continue à imposer un blackout total sur les événements. Peu de chose filtre sur les réseaux sociaux qui sont coupés.

Des leaders de l'opposition arrêtés

Ces protestations sont menées par une nouvelle génération qui ne se reconnaît pas dans les anciens dirigeants, qu'ils soient du régime ou de l'opposition. N'empêche qu'une dizaine de dirigeants de l'opposition ont été arrêtés par le régime dès vendredi matin.

Comme à chaque fois, les manifestants ont été dispersés par les forces anti-émeutes à coup de gaz lacrymogènes et une dizaine de leaders d'opposition ont été arrêtés dès vendredi matin.

Des protestations sporadiques étaient observées dans les rues de Khartoum à la tombée de la nuit. Les manifestants ont brûlé des pneus et des poubelles et il y a eu quelques heurts avec les forces de l'ordre.

Le groupe d'experts de l'ONU appelle le pouvoir à ne pas faire un usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Depuis le début du mouvement, une quarantaine de personnes ont trouvé la mort sous les balles du régime.

C’est la cinquième fois en cinq ans que les Soudanais protestent contre la hausse des prix et la vie chère, mais le mouvement actuel est inédit.

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