Les Congolais aux urnes après un processus électoral chaotique

Une observatrice inspecte la liste électorale d'un bureau de vote de Kinshasa le 29 décembre 2018.
© JOHN WESSELS / AFP

Deux ans et une semaine après la fin constitutionnelle du mandat de Joseph Kabila, les Congolais vont pouvoir voter - sauf dans certaines régions où le scrutin a été reporté - pour désigner leur prochain président ce dimanche. C’est l’issue d'une odyssée électorale troublée.

Son deuxième et dernier mandat devait prendre fin le 19 décembre 2016. Mais à la date fatidique, rien n'est prêt. Joseph Kabila est contesté dans la rue. Un premier dialogue sous l’égide de l’Union africaine échoue, boycotté par les principaux leaders de l'opposition. Habile, Joseph Kabila mandate l’Eglise catholique. Il la sait hostile à son maintien au pouvoir, mais réussit asseoir à la table ses principaux opposants. En sort in extremis l'accord de la Saint-Sylvestre. Le chef de l'Etat congolais gagne un an de plus à la tête de la République démocratique du Congo.

Fin 2017 devait être la nouvelle date butoir. Mais un an plus tard, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avance de nouvelles contraintes techniques pour reporter les scrutins, notamment la crise dans les Kasaï. Et voilà que le 5 novembre 2017, elle annonce de manière unilatérale un nouveau calendrier qui renvoie les élections au 23 décembre 2018.

2001-2018: les dates clés de l'ère Kabila

Marches violemment réprimées, émoi qui va bien au-delà des frontières du pays. Des laïcs chrétiens soutenus par l'Eglise se lancent dans des manifestations. Mais là encore, Joseph Kabila parvient à faire retomber les tensions. Il promet de ne pas se représenter. Mais ce n'est qu'à la dernière minute qu'il désigne l’un de ses fidèles, Emmanuel Ramazani Shadary, comme dauphin. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba sont exclus de la course par la Céni.

La Céni ne cesse depuis de susciter la défiance et d'accumuler les défaillances : machines à voter controversées, incendie mystérieux de son principal dépôt à Kinshasa ou encore annulation de la présidentielle pour plus d'un million d'électeurs. A la veille du scrutin est annoncé un troisième report d’une semaine. Sans doute insuffisant pour permettre à tous les bureaux d’ouvrir ce dimanche.

Résultats attendus le 6 janvier

Samedi soir, Corneille Nangaa, le président de la Céni, était invité sur la chaîne d'Etat RTNC. Confirmant d'abord que les élections présidentielle, législatives et législatives provinciales auraient bien lieu ce dimanche, il a appelé les Congolais à se rendre massivement aux urnes. 38,5 millions d'électeurs sont appelés à voter. 

Il a par ailleurs affirmé que la Céni annoncerait les résultats provisoires le 6 janvier au plus tard.

Le présentateur lui a également demandé si le fait de priver plus d'un million de citoyens d'élections n'était pas un préjudice pour eux, alors que le vote a été reporté à Beni et Butembo dans l'Est, officiellement pour cause d'Ebola, et à Yumbi dans l'Ouest en raison de l'insécurité.

Quand on est dans la position que nous occupons, on doit être responsable.

Ecoutez Corneille Nangaa, président de la Céni
30-12-2018 - Par RFI

Corneille Nangaa précise également que la situation géographique de Yumbi pose problème. S'il y avait eu un aéroport, ils auraient pu acheminer du nouveau matériel sur place. Mais là, impossible de tenir le délai de ce dimanche 30 décembre.

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