Elections en RDC: des cas de votes forcés rapportés par des témoins

Opération de dépouillement dans un bureau de Goma, le 30 décembre 2018.
© PATRICK MEINHARDT / AFP

En plus des problèmes logistiques et des pannes de machines à voter, les votes forcés pourraient entacher la crédibilité des législatives de ce 30 juillet en République démocratique du Congo (RDC). Dans une partie du Nord-Kivu, à l'Est, des groupes armés ont perturbé le vote, allant même quelques fois jusqu'à accompagner les électeurs et les forcer à voter pour le candidat de la majorité.

En République démocratique du Congo (RDC), plusieurs sources rapportent des dizaines de cas de votes forcés, comme dans le territoire de Rutshuru, au nord de Goma, où la police a dû négocier avec le groupe armé des Nyatura pour sécuriser les bureaux de vote, pas toujours avec succès.

Dans la chefferie de Bwito, des électeurs ont été forcés de voter pour les candidats de la majorité à toutes les élections. Selon plusieurs sources, ceux qui refusaient étaient chassés par les forces de sécurité.

Centres de vote fermés

Même chose dans une zone située entre les territoires de Masisi et Walikale au sud-est de Goma, dans le Nord-Kivu. Dans des dizaines de localités, le groupe armé Mapenzi de l'Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) rénové est carrément entré dans les bureaux de vote.

« A Lwebo, Kilambo, Bukombo, dans le centre de vote, ils imposaient aux électeurs de voter pour Ramazani Shadary, raconte un témoin. Pourtant, il y a une importante position de militaires, mais ils ne sont pas intervenus pour empêcher les combattants d’imposer de voter en faveur d’Emmanuel Ramazani Shadary ».

L'armée congolaise n'est pas intervenue, voire a aussi imposé aux électeurs de voter pour la majorité, selon un témoin dans la localité de Mutongo toujours dans le Walikale. Enfin, quelques fois, les centres de votes ont été carrément fermés par des combattants où ils ont demandé à pouvoir vérifier les urnes sous la supervision du chef rebelle du groupe armé NDC-Rénové Guidon, actif dans toute cette zone et sous sanctions de l'ONU depuis février dernier.

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