A la Une: les «perniles» manquent encore à l’appel au Venezuela

Les «perniles» qui n'ont pas pu être fournis à la population ont provoqués des manifestations de vénézueliens le 28 décembre 2017.
© AFP Photos/FEDERICO PARRA

Au Venezuela, des images de jambons à l'os font une nouvelle fois la Une.El Nacional commence par rappeler les propos de Nicolas Maduro, il y a quelques semaines à peine. Cette année, disait le président vénézuélien, nous n'allons pas échouer à livrer ces « perniles ».

Ces jambons à l'os sont traditionnellement consommés au Venezuela lors des fêtes de fin d'année. Ils devaient normalement être livrés dans les CLAP, ces cartons de nourriture à prix subventionnés par l’Etat. « Pourtant, en 2018, les irrégularités de 2017 se sont répétées, commente El Nacional : jambons incomplets, trop petits, pourris, ou tout simplement pas arrivés. Encore une fois, le gouvernement n'a pas réussi à livrer l'un des plats au centre des dîners de Noël et du Nouvel An ». Comme l'année dernière, les manifestations se multiplient au Venezuela pour exiger ce pernil. De nombreux Vénézuéliens sont sortis dans la rue ce week-end, en particulier dans les quartiers populaires qu’on appelle barrios.

L'Equateur prolonge encore l’état d'urgence

La crise économique au Venezuela n'est pas étrangère à la décision prise par le gouvernement équatorien : prolonger l’état d’urgence, dans plusieurs de ses provinces. C'est la Une du journal El Universal. L'Equateur donne pour raison le « flux inhabituel de citoyens vénézuéliens » sur son sol. Selon les données publiées par le ministère équatorien des Affaires étrangères, plus d'un million de Vénézuéliens sont entrés en Équateur ces quatre dernières années, parmi lesquels environ 250 000 sont toujours dans le pays. C'est la quatrième prolongation de l'Etat d'urgence, écritEl Comercio. Une mesure qui permet, selon le journal équatorien, aux agences gouvernementales et aux ONG de répondre aux besoins urgents de ces migrants.

Hausse des expulsions de Guatémaltèques en 2018

2018 : une année marquée aussi par des flux migratoires entre l'Amérique centrale et les Etats-Unis. La Hora, au Guatemala cette fois, soutient que l'année a été particulièrement difficile pour les migrants originaires de ce pays. Le journal cite les chiffres de l’Office guatémaltèque des migrations. Cette année, un peu plus de 91 000 personnes ont été expulsées des pays dans lesquels elles s’étaient installées, la plupart par avion depuis les Etats-Unis. Cela représente 25 000 expulsés de plus que l’année dernière. La plupart de ces migrants reviennent dans leur pays dans les mêmes conditions qu’au départ. Les analystes interrogés par le journal La Hora dénoncent le manque de réponse de l’Etat guatémaltèque, incapable d’assurer des salaires décents à sa population. Ils critiquent aussi l’absence de politique migratoire, au Guatemala, comme au Salvador et au Honduras. Selon El Heraldo, le plus grand nombre de familles détenues dans les centres de rétention américains viennent du Guatemala 50 000 familles. Juste derrière, les Honduriens : 39 500 familles, le chiffre le plus important ces trois dernières années, selon El Heraldo. Le journal note d'ailleurs qu'unconsulat hondurien a ouvert à Boston, un autre a rouvert à San Francisco.

Etats-Unis : les « deepfake », fléau de plus en plus répandu

Direction les Etats-Unis, maintenant. Le Washington Post revient en Une de son site internet sur une tendance inquiétante et de plus en plus répandue : les fausses vidéos pornos devenues des armes de harcèlement. Le procédé est simple : vous postez une photo ou une vidéo de vous sur un réseau social. Ces images sont ensuite récupérées par des personnes mal intentionnées et votre visage intégré, grâce à un logiciel gratuit et facile d'accès, sur le corps de quelqu'un d'autre, pour créer des vidéos pornographiques. On les appelle les « deepfake ».

Ce sont d'abord des célébrités qui en ont été victimes, comme l'actrice Scarlett Johannson, dont le visage s'est retrouvé sur des dizaines de vidéos pornos. Mais de plus en plus de femmes éloignées de la sphère publique en sont victimes. LeWashington Post termine par ce terrible constat : « ces victimes de deepfake ont peu d'outils pour se défendre ». Les experts juridiques soutiennent que ces vidéos contrefaites sont difficilement traçables. Il existe aussi « une zone d'ombre juridique », car ces vidéos sont « construites à partir de photos publiques, elles sont donc de nouvelles créations, ce qui signifie qu'elles pourraient être protégées » par le 1er amendement de la Constitution américaine, qui défend la liberté d'expression.

Brésil : pas de grâce présidentielle

Pour terminer, Michel Temer n’accordera pas de grâce présidentielle cette année au Brésil, explique O Globo. C’est la première fois, depuis le retour de la démocratie, qu'un président ne publie pas de décret de grâce pour des prisonniers condamnés pour des crimes commis sans violence. Le journal y voit un « clin d’œil au nouveau président » Jair Bolsonaro, qui assumera ses fonctions à partir de demain. Ce dernier avait déclaré que si une grâce était accordée, ce serait « la dernière fois ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.