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Tunisie

Tunisie: l'instance «Justice et Vérité» termine son mandat

La présidente de «Justice et Vérité», Sihem Ben Sedrine à Tunis le 14 décembre 2018.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, l’Instance « Vérité et Dignité » en charge de la justice transitionnelle termine son mandat aujourd’hui après plus de quatre ans passé à exhumer les sévices commises pendant la période de 1955 à 2013, aussi bien la guerre d’indépendance, que les deux régimes de Bourguiba et Ben Ali ainsi que la révolution et la période juste après les premières élections démocratiques. C’est une instance qui a dû gérer beaucoup de polémiques, de discrédits et d’obstacles pendant son mandat.

C’est le moment du bilan pour l’Instance « Vérité et Dignité ». Après quatre ans passés à éplucher plus de 60 000 plaintes et auditionner victimes et bourreaux, cette instance passe la main à la justice et à la société civile pour assurer le reste du processus. Lors d’un point presse tenu à Tunis, ses membres rappellent tout le travail accompli.

« L’IVD considère qu’elle a réussi son pari, elle a réussi son mandat, et elle a parié sur l’intelligence des Tunisiens et elle a gagné », affirme Sihem Bensedrine, la présidente de l’instance.

Mais gagner n’a pas toujours été facile surtout avec les pressions politiques. Sa présidente révèle pour la première fois qu’un bureau au sein du parti conservateur Ennahdha a essayé d’instrumentaliser l’Instance à maintes reprises. « Le parti Ennahdha a un bureau qui est celui de la justice transitionnelle. Ce bureau-là s’est autorisé parfois des tentations de tutelle et nous l’avons à chaque fois mis à sa place et cela a provoqué à plusieurs reprises des tensions avec eux ».

Des tensions qui ne sont pas prêtes d’être finies puisque l’IVD clôture son mandat avec un rapport de 1 500 pages qui doit être rendu public d’ici 15 jours et donner lieu à de nouvelles révélations.

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