Elections en RDC: des cas de fraude signalés notamment en Ituri

Du matériel électoral entreposé dans un centre de la Céni congolaise à Kinshasa, le 3 janvier 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

Un bras de fer entre la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et la Commission électorale nationale indépendante (Céni) se déroule alors que des cas de fraudes sont encore observés à travers le pays, notamment dans des bureaux de vote illégaux qui depuis la fin du scrutin continuent d'imprimer des bulletins. C'est le cas, à Mambasa, dans la province de l'Ituri où plusieurs témoignages vont dans ce sens.

A Mambasa, dans la province de l'Ituri, un groupe de jeunes dit avoir découvert, ce mercredi, sept machines en train de fonctionner chez un chauffeur de la Céni, proche de l'ancien gouverneur Abdallah Pene Mbaka, et des milliers de bulletins en faveur du candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Sharady.

« Sept machines à voter bien rallumées »

Un de ses jeunes a accepté de raconter sa découverte au micro de RFI : « C’est au quartier Miridi à la résidence d’un agent de la Céni qu’une fille âgée de 17 ans a signalé qu’on est en train de voter dans la nuit en faveur de monsieur Emmanuel Shadary. Quand nous avons appris ça, moi et mes deux petits frères sommes partis et nous avons bel et bien constaté. Et c’est comme ça que nous avons tout fait pour ouvrir la porte et nous avons trouvé sept machines à voter bien rallumées, plus de 12 000 bulletins imprimés déjà. Et il y avait des bulletins vierges. Tout le monde a été alerté. Nous avons tout enlevé les machines qui étaient dans la maison. Et au moins plus de 12 500 bulletins que nous avons comptés, qui étaient déjà imprimés. Puis le reste des bulletins ont été saccagés par les gens, puis la police est venue. On voulait même brûler la maison. C’est comme ça qu’il y a eu des tirs de bombes lacrymogènes pour disperser le reste de la foule qui était là ».

Le rapporteur de la Céni pas informé

Les propos de ce jeune, qui ont été confirmés localement par d'autres témoins et même des agents de la Céni, correspondent à d'autres cas relevés ailleurs dans le pays par des observateurs nationaux. Mais au niveau national, le rapporteur de la Céni dit ne pas être informé de ce cas. Pour Jean-Pierre Kalamba, ce serait difficile au vu des procédures mises en place par la Commission électorale et le fabricant des machines à voter.

« Qui ramasse les machines ? Ce sont des chauffeurs, mais pour moi, dans un premier temps, ils ne devraient pas être seuls. Ils devraient être avec les présidents des centres de vote parce qu’ils ramassent ces machines des centres de vote pour les amener au centre local de compilation. Les détails, nous nous attendons auprès du centre pour pouvoir agir ou pas. Après la fermeture des bureaux de vote avec la carte rouge, et cela ça se fait en présence des témoins et des observateurs, toutes les machines destinées au vote sont inopérationnelles. Ca c’est le premier principe qu’il faut retenir et ça a été programmé de cette façon-là ».

En RDC, les résultats doivent normalement être officiellement annoncés par la Céni ce dimanche 6 janvier 2019.

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