Elections au Nigeria: la première dame Aïsha Buhari s'investit dans la campagne

Aisha Buhari aux côtés de son mari, le président nigérian Muhammadu Buhari, en 2015.
© PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Au Nigeria, les élections générales sont prévues dans 6 semaines. Scrutin local, gouvernoral et présidentiel. Ce jeudi 3 janvier, à Abuja, la première dame, Aïsha Buhari a inauguré son équipe de campagne. Une plateforme « parallèle » à l’équipe officielle de campagne du président sortant Muhammadu Buhari, qui brigue un second mandat. Cette plateforme rassemble près de 500 personnes. C'est la première fois qu'une première dame s'implique dans une campagne présidentielle au Nigeria.

Pour mener cette campagne, Aïsha Buhari compte sur Dolapo Osinbajo, l’épouse du vice-président et sur de nombreux sénateurs et d’anciens gouverneurs. Cette plateforme « parallèle » vise à mobiliser l’électorat des jeunes et des femmes.

Cet engagement d’Aïsha Buhari est plutôt une surprise. Dans une interview accordée en 2016 à la BBC, la première dame avait ouvertement critiqué l’entourage du président, qu’elle qualifie de « cabale ». Aïsha Buhari avait surtout dit qu’elle ne soutiendrait pas son mari pour un mandat supplémentaire.

« Elle s'intéresse vraiment à la vie politique »

Mais ces derniers mois, la première dame s’est positionnée, en soutenant son petit frère qui briguait le poste de gouverneur dans l’Adamawa. Comme le relève, Djibrin Ibrahim, directeur du Centre pour la démocratie et le développement : « C’est neuf puisqu’auparavant les femmes de président ne s’impliquaient pas directement dans les campagnes, sauf pour suivre leur mari. Ce que je comprends, c’est qu’elle s’intéresse vraiment à la vie politique depuis la campagne de son petit frère. Elle l’a soutenu très fortement et elle veut aussi vraiment rester sur place dans le palais présidentiel. Et elle a compris que, si son mari n’est plus là, elle aussi ne sera plus là ».

Mélange des genres

Dans l’opposition, on dénonce un mélange des genres. Un groupe de soutien du candidat Atiku Abubakar, voit dans la création de cette structure parallèle, une manière de distribuer ouvertement des pots-de-vin et de ternir l’image de la première dame.

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