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Somalie

Somalie: Said Abdullahi Deni élu président de l’Etat semi-autonome du Puntland

Said Abdullahi Deni a été élu président de l'Etat semi-autonome du Puntland, le 8 janvier 2019.
© REUTERS/Abdiqani Hassan

Le Puntland vient d'élire un nouveau président. Saïd Abdullahi Deni a été choisi ce mardi matin par le Parlement de cet Etat semi-autonome faisant partie de la Somalie. L'élection s'est déroulée dans le calme. De quoi rassurer en partie les observateurs et la communauté internationale.

Beaucoup ont poussé un soupir de soulagement en voyant l'élection de Saïd Abdullahi Deni être proclamée dans le calme. Plusieurs candidats ont salué un scrutin juste, équilibré, tout en reconnaissant la victoire de l'ancien ministre.

Beaucoup sont rassurés par l’élection du Puntland. Un scrutin calme, en apparence juste et sans intervention du pouvoir central, offrant à Said Abdullahi Deni une victoire propre. Un point crucial, car le risque sécuritaire en Somalie est si élevé que la moindre crise risque de déstabiliser des institutions déjà fragiles.

Rien à voir avec le vote du mois dernier dans le Sud-Ouest, où le pouvoir central de Mogadiscio est accusé d'avoir largement pesé, faisant arrêter l'un des favoris, déployant l'armée et réprimant des manifestations. « L'Etat fédéral semble avoir moins influencé ce scrutin. C'est rassurant même si tout n'a pas été parfait avec comme souvent des rumeurs de corruption ou des journalistes intimidés », explique un diplomate.

Pour autant, il faut relativiser, « tout n’a pas été parfait, avec comme souvent des rumeurs de corruption », indique un diplomate.

Dans deux ans, la Somalie doit organiser un scrutin historique sur le principe une personne, un vote. Or les élections régionales ont souvent été présentées comme des tests. « Avec ce qui s’est passé le mois dernier dans le Sud-Ouest et le manque de transparence au Puntland, ce n’est pas forcément de bon augure », confie une bonne source.

Un natif de Mogadiscio

On attend maintenant de voir quelle posture tiendra Said Abdullahi Deni vis-à-vis de Mogadiscio alors que le gouvernement fédéral est en crise ouverte avec ses Etats fédérés depuis des mois. « C’est un pragmatique, avec beaucoup d’expérience politique. Son passé de ministre fédéral fait qu’il connaît le système et les principaux acteurs », explique un chercheur.

Le président sortant du Puntland, piteusement éliminé dès le premier tour, était en pointe de la fronde contre l'Etat central. Le nouveau chef de l'Etat, Saïd Abdullahi Deni est justement ancien ministre somalien du Planning. Il opérait donc à Mogadiscio, où il est né, ce qui pourrait permettre une détente.

Il est attendu sur d'autres dossiers également très sensibles. Notamment la sécurité, avec la présence au Puntland de l'Etat islamique et des shebabs. « La situation s'est dégradée ces deux dernières années. Le Puntland ne peut pas se permettre de s’affaiblir encore. La région ne peut pas se permettre de perdre davantage de territoire », estime un analyste.

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