Présidentielle en RDC: la publication des résultats provisoires est imminente

Le siège de la Céni, la Commission électorale, à Kinshasa, en RDC, le 9 janvier 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

La République démocratique du Congo (RDC) est dans l'attente de la proclamation des résultats de la présidentielle ce 9 janvier 2019 à 23h heure locale. Les journalistes accrédités ont été invités à se rendre au siège de la Commission électorale (Céni), toujours en plénière, à Kinshasa, la capitale.

Les résultats provisoires de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) doivent être publiés ce mercredi 9 janvier 2019 à 23h heure locale, selon le président de la Commission électorale (Céni), Corneille Nangaa.

La compilation n'est pas terminée partout, notamment dans les territoires en conflit du Nord-Kivu, le Rutshuru et le Masisi par exemple, dans l'est du pays. A Uvira, au Sud-Kivu, la commission électorale vient de terminer ses travaux et promet de publier les procès-verbaux des résultats demain matin.

Les journalistes accrédités sont présents depuis 15h. (...) La tension, le stress et l'impatience sont perceptibles.

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En ce moment, la ville de Bukavu est calme. La population est dans l'attente des résultats.

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A Mbandaka, dans la province de l'Equateur, au nord de la capitale Kinshasa, les témoins de l'opposition ont refusé de signer le procès-verbal final, estimant que le document présenté, vierge, n'était pas conforme à la loi.

Le président de ce centre local de compilation voudrait que les témoins apposent leur signature sur un document vierge qui ne contient aucun chiffre, aucun résultat.

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A Kisangani, dans la province de la Tshopo, les témoins de l'opposition ont refusé de signer la compilation des résultats qui a été envoyé par la Céni à Kinshasa. Selon ces témoins, on leur a demandé de signer ces procès-verbaux sans qu'ils aient pu assister au dépouillement et sans qu'ils aient pris connaissance du résultats de cette compilation, comme l'explique le révérend Francois Kankonde de l'UDPS.

Ils ont refusé de signer le PV parce que dans le PV, c'est stipulé que les témoins ont suivi le dépouillement et ont vu le résultat final. La vérité, c'est que depuis le début et jusqu'à la fin, ils n'ont pas vu ces résultats. Avec cette anomalie, comment peut-on signer ?

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Ne pas « ramener la RDC en arrière »

La plénière de la Céni et son secrétariat exécutif national doivent tout vérifier : les procès-verbaux des bureaux de vote comme ceux des résultats compilés par circonscription. Ils ont démarré leurs travaux hier.

Un journal congolais titre «Le prochain président de la RDC, c'est lui» sur une devanture, le 9 janvier 2019. © REUTERS/Baz Ratner

En attendant, les principales missions d'observation de la société civile, celle de l'Eglise catholique, des protestants et la Symocel [Synergie des missions citoyennes d'observation électorale], ont publié un communiqué conjoint, un appel à la Commission électorale à ne publier que les résultats issus des urnes.

On a incité les candidats qui seraient lésés par les résultats provisoires à ne pas inciter à la violence mais à recourir aux voies du droit. Le peuple congolais a fait la demande d'être vigilant et pacifique.

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Il s'agit aussi d'un appel aux candidats à faire preuve de fair-play politique pour les perdants. Ces observateurs nationaux disent sentir une agitation croissante et craindre que cette proclamation débouche sur une situation qui « ramènerait la RDC en arrière ».

Ce message illustre le climat de suspicion qui règne en RDC. La méfiance est alimentée entre autres par la coupure d'Internet qui dure depuis dix jours désormais et ce alors que la police est désormais déployée aux endroits stratégiques de la capitale Kinshasa, où pour la deuxième journée de suite les habitants sont rentrés plus tôt chez eux.

Tout se déroule sur fond de rumeurs persistantes autour d'un éventuel rapprochement ces dernières heures entre le pouvoir et l'UDPS, ce que le porte-parole du gouvernement n'a pas démenti dans l'après-midi. « Il y a un temps pour tout, un temps pour s’opposer et se disputer l’électorat mais aussi un temps pour s’unir et défendre les intérêts du pays », a déclaré Lambert Mende.

Délais

La proclamation des résultats était prévue pour le dimanche 6 janvier, ce qui paraissait déjà très court aux observateurs au vu des délais nécessaires pour acheminer les bulletins et les procès-verbaux des plus de 70 000 bureaux de vote vers les un peu plus de 170 centres de compilation des résultats. Pour certains, des plis sont encore arrivés hier en provenance des bureaux de vote.

Hier, un membre du bureau de la Commission électorale soulignait qu'au Congo, on n'avait jamais atteint les 100% de bulletins compilés. En 2011, les résultats avaient été proclamés alors que le taux de compilation n'avait atteint que les 89,28%.

Dans les rangs de la société civile et de l'opposition, plusieurs voix s'élevaient déjà ce soir pour dénoncer un délai dans cette proclamation qui servirait à négocier la victoire de l'un ou l'autre des candidats. Les trois principaux candidats, Emmanuel Ramazani Shadary, Martin Fayulu et Felix Tshisekedi revendiquent tous la victoire.

Aujourd'hui encore, l'Afrique du Sud et la Zambie ont pressé la Commission électorale de publier au plus vite les résultats de l'élection présidentielle afin d'en garantir la « crédibilité ». « Le monde a les yeux braqués sur vous », avait interpellé le patron de la commission des observateurs de l'Union africaine (UA), s'adressant aux principaux  candidats et au patron de la Céni.

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