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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire: après l'inculpation d'Ehouo, Lobognon, proche de Soro, recherché

Une vue du quartier du Plateau, le quartier d'affaires d'Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire.
© AFP PHOTO/Sia Kambou

Le feuilleton politico-judiciaire autour de la mairie du Plateau a connu de nouveaux développements vendredi. A la faveur d’une séance d’explications du procureur Richard Adou, on en sait un peu plus sur les motifs de l’inculpation du député PDCI et maire élu du Plateau Jacques Ehouo. Il a notamment indiqué que le montant des détournements présumés atteignait près de 3,5 milliards de FCFA. Par ailleurs, un autre député, proche de Guillaume Soro, est désormais dans le viseur du parquet : l’ancien ministre Alain Lobognon.

Entre 2004 et 2017, la société de Jacques Ehouo, NegCom, était chargée de collecter, pour le compte de la mairie du Plateau dirigée par son oncle Noël Akossi Bendjo, des taxes municipales de publicités et d’occupation du domaine public. NegCom devait ensuite en reverser 70% à la commune.

Mais selon le procureur Adou, l’essentiel de ces sommes n’est jamais arrivé dans les caisses de la mairie. D’où l’inculpation de Jacques Ehouo et le mandat d’arrêt lancé contre son oncle, démis de ses fonctions en août dernier et qui vit vraisemblablement en France.

Depuis le début de cette affaire, les avocats de Jacques Ehouo crient au complot politique destiné à empêcher leur client, vainqueur de l’élection municipale sous la bannière PDCI, d’installer son conseil municipal.

Par ailleurs, un autre député est dans le collimateur de la justice et fait l’objet d’un avis de recherche. L’ancien ministre des Sports et proche de Guillaume Soro, Alain Lobognon, accusé lui d’avoir annoncé à tort sur Twitter que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre Jacques Ehouo.

Information qui aurait suscité des troubles selon le procureur qui a lancé une procédure en flagrant délit pour divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine. Le flagrant délit permet selon la loi de passer outre l’immunité parlementaire qui protège théoriquement le député d’une arrestation.

Alain Lobognon a répondu aussitôt vendredi : « Je me présenterai devant la brigade de gendarmerie pour prouver que je ne suis nullement responsable des faits qui me sont reprochés. »

Pour le moment, le mandat est national (...) mais il n'est pas exclu qu'on puisse doubler cela par un mandat d'arrêt international...
Richard Adou
11-01-2019 - Par Pierre Pinto

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