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RDC

Législatives en RDC: les pro-Kabila revendiquent la majorité absolue

En RDC, la commission électorale a finalement publié les résultats des élections législatives dans la nuit du 11 au 12 janvier (photo d'archives).
© PATRICK MEINHARDT / AFP

En RDC, la Commission électorale a finalement publié les résultats des élections législatives dans la nuit. Pendant un peu plus de deux heures, des agents de la Commission électorale (Céni) ont égrené les noms des 485 députés qui siégeront dans la nouvelle Assemblée nationale, sans préciser néanmoins l’affiliation de ces partis à telle ou telle coalition. Une Assemblée qui ne sera complète qu'en mars après l'élection des quinze députés des trois circonscriptions où le scrutin a été reporté.

Prudent en tout début de matinée, le Front commun pour le Congo, la coalition formée autour du président Kabila, revendique désormais la majorité absolue dans le nouvelle assemblée. Entre 250 et 300 députés sur 500 selon Kodjo Ndukuma, l'un des porte parole du FCC, contre une cinquantaine pour Cash, la coalition de Felix Tshisekedi placé en tête de la présidentielle par la Céni.

« Nous pouvons revendiquer la majorité absolue au niveau de l’Assemblée nationale avec le décompte des députés nationaux élus du FCC, affirme Kodjo Ndukuma. Cela augure une période de grande tractation. Nous avons deux hypothèses : soit une cohabitation, soit une coalition en fonction d’un grand regroupement qui permettrait d’avoir d’autres personnalités venant de bords différents. »

Et Kodjo Ndukuma de détailler : « Le FCC est majoritaire dans plus de 22 provinces sur les 26. Cela augure [aussi] un Sénat qui sera en majorité formé des sénateurs du FCC et d’autre part la formation d’un gouvernement dont le Premier ministre sera issu du FCC. Donc le chapeau du régime a pu nous être enlevé, mais la tête de cet exécutif, qui est bicéphale, reste quand même celle du FCC. »

Du côté de l'opposition, le compte n'y est pas. La coalition de Félix Tshisekedi a emporté moins de 50 sièges. Ce qui veut dire que si sa victoire à la présidentielle devait être confirmée, Félix Tshisekdi ne pourra pas nommer de Premier ministre sans alliance et n'aura donc pas la main.

La plateforme de son concurrent Martin Fayulu, elle, a emporté 59 sièges. Fidèle Babala, l'un des cadres de cette coalition, s'emporte : « Le hold-up électoral qu’on a constaté au niveau de la présidentielle continue au niveau des législatives, provinciales et nationales. Et cela ne nous surprend pas. C’est encore un hold-up puisque la population, les électeurs dans leur ensemble se sont exprimés en faveur de l’opposition d’une manière générale à plus de 80 % à la présidentielle. Et la majorité ou le FCC, 20 %. Cette tendance aurait dû se retrouver des législatives, nationales et provinciales. Ce que l’on ne constate pas. »

Cohabitation pure et dure ou coalition, Felix Tshisekedi, s'il est confirmé à la présidence, devra choisir, affirme Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo (GEC), rattaché à l'université de New York. L'expert concède néanmoins qu'il est encore un peu difficile d'y voir clair « parce que les regroupements politiques sont tellement nouveaux, qu’il faut commencer à compter pour savoir dans quel camp ces partis politiques se trouvent. »

Les poids lourds réélus

Dans le détail et sans surprise, ont été réélus les grands cadres de la majorité, le président de l'Assemblée nationale précédente par exemple, Aubin Minaku, mais aussi l'ex-ministre de l'Intérieur Evariste Boshab ou encore le directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémi Mwilanya, tout comme la sœur et le frère du président sortant Joseph Kabila.

Du côté de l'opposition, la secrétaire générale du MLC, Eve Bazaïba, a été réelue à Kisangani, mais aussi l'ancien Premier ministre Adolf Muzito avec plus de 61 % des voix ou encore le chef de l'UNC, Vital Kamerhe. Martin Fayulu, lui, conserve son siège d'élu à Kinshasa. Le doyen de la nouvelle assemblée, Gabriel Kyungu, est également issu de ses rangs.

Un peu plus de 18 millions d'électeurs ont participé à cette élection d'après la Commission électorale. La Céni, qui se félicitait aussi que sur les 485 députés, 50 soient des femmes. C’est toujours très minoritaire, mais c’est 10 de plus qu'en 2011. Pour les autres, soit quinze sièges pour les députés de Beni-territoire, Beni-ville, Butembo et Yumbi, « on connaîtra les noms aux élections de mars », a déclaré le président de la Céni, Corneille Nangaa.

 

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