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Tchad Soudan

Tchad: qui a épaulé l'armée tchadienne à Kouri Bougouri?

La région du Tibesti à l'extrême nord du Tchad (photo d'archives).
© Wikipedia

Les nouveaux combats qui ont eu lieu samedi 12 janvier dans l'extrême nord du Tchad, sur le site aurifère de Kouri Bougoudi, risquent de se reproduire. L'armée tchadienne a annoncé, l'été dernier, vouloir « nettoyer » cette zone du massif du Tibesti des orpailleurs illégaux et prévenir des incursions de rebelles tchadiens venus de Libye. Après plusieurs accrochages entre l'armée tchadienne d'un côté et les habitants et la rébellion de l'autre côté, c'est aux mercenaires soudanais du Darfour que le régime tchadien a fait appel en renfort.

Il s'agit de membres du rassemblement des forces pour la libération du Soudan, né en juin 2017 et dirigé par al Taher Abou Bakr Hajar.

Ce rassemblement regroupe trois organisations du Darfour : le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) dirigé par Abdallah Jali plus connu sous le nom d’Abdallah Jana, et les deux factions du mouvement, l'armée de libération du Soudan, la faction dirigée par Minni Menawi, et celle dirigée par Abdelwahed Nour.

Ces mercenaires sont venus de Libye pour prêter main-forte à l'armée tchadienne dans le Tibesti samedi dernier. Ils sont chargés de combattre la rébellion tchadienne du Conseil du commandement militaire pour le salut de la république (CCMSR).

Le Rassemblement des forces pour la libération du Soudan possède une base militaire à Al-Kofra dans le sud libyen avec 2 000 combattants armés et des centaines de véhicules. On retrouve des membres de ce rassemblement dans les rangs de l'Armée nationale libyenne (ANL) comme dans ceux de l'armée tchadienne.

Constitué d'une même communauté, présente à la fois au Soudan et au Tchad, ce rassemblement constitue un supplétif à l'armée tchadienne. « Une armée démoralisée » selon la description d'un responsable du comité d’autodéfense à Tibesti.

Le Mouvement soudanais pour la justice et l'égalité n'a aucun rapport avec ce qui s'est passé à Kouri Bougouri dans le Tibesti, samedi dernier. Notre mouvement n'a aucune forme d'hostilité contre tout autre parti, ni en Libye ni au Tchad et nous ne sommes jamais impliqués dans des combats dans ces zones. Ce que je pourrai affirmer, par ailleurs, est que n'importe quelle personne pourra prétendre être du Mouvement pour la justice et l'égalité soudanais... Il y a des personnes qui ont quitté le mouvement depuis 2007, ou depuis 2012, pourtant ces gens prétendent toujours faire partie du Mouvement pour la justice et l'égalité. Ils ont beau intégrer d'autres groupes et agir sous d'autres noms, mais dès qu'ils commettent des crimes, ils disent: nous sommes du Mouvement pour la justice et l'égalité. Ces personnes n'ont rien à voir avec nous, nous n'existons pas là où ils se trouvent ni au Tchad ni en Libye et nous ne sommes en combat contre aucun des partis... Depuis sa fondation officielle en 2001, des personnes quittent le mouvement, mais agissent toujours en son nom.

Réaction du chef du Mouvement pour la justice et la liberté Djibril Ibrahim
14-01-2019 - Par Houda Ibrahim

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