Kenya: bilan meurtrier après l’attaque d’un complexe hôtelier à Nairobi

Des forces de sécurité encerclent le complexe visé par une attaque des shebabs, à Nairobi, Kenya, le 15 janvier 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

Au Kenya, la police assure que l'assaut des forces de l'ordre est désormais terminé à Nairobi, plus de 20 heures après que des rebelles islamistes shebabs ont attaqué un complexe hôtelier. Le président Uhuru Kenyatta a affirmé que tous les terroristes ont été éliminés. L'attaque a fait 21 morts, selon un nouveau bilan annoncé mercredi soir par le chef de la police. Plus de 700 civils ont dû être évacués.

Les forces de sécurité kényanes disent avoir mis un terme, ce mercredi matin, à l'attaque visant un complexe hôtelier de Nairobi au terme d'un siège de près de 20 heures. Vers 9h30, heure locale, le calme est soudainement revenu aux abords des lieux de l'attaque. Il y avait encore beaucoup de militaires et de policiers, mais on sentait dans l'air une accalmie. Selon un premier bilan donné par le chef de l’Etat, Uhuru Kenyatta, tous les terroristes ont été éliminés. Par ailleurs, 14 personnes au moins sont mortes et de nombreuses autres blessées.

Pas de précision de la part des autorités toutefois concernant le nombre total de jihadistes ayant participé à l’opération. Des images de vidéosurveillance diffusées par les médias kényans montrent quatre hommes équipés d'armes automatiques et de grenades progresser calmement dans le complexe. Au moins un jihadiste s'est fait exploser au début de l'attaque.

Une source policière a indiqué de son côté que deux assaillants ont été tués mercredi matin au terme d'un échange de tirs prolongé. « Ils portaient tous les deux des foulards rouges sur le front et des cartouches étaient attachées autour de leur poitrine (...) ils avaient chacun un AK-47. »

Le président kényan, lors de sa conférence de presse, a tenu à saluer le travail des forces de sécurité kényanes. « Plus de 700 civils ont été évacués du complexe depuis le début de l'attaque jusqu'aux petites heures du matin. » Les autorités parlent d’une opération exemplaire des forces de sécurité. Des propos à relativiser. Un membre des forces spéciales de l'armée néerlandaise, qui était en vacances dans l'hôtel lors de l’assaut des shebab, dénonce le manque d'organisation et de communication entre les militaires et la police. « Aucune stratégie, ils ne savaient pas où aller lors de leur progression », dit-il.

Revendication des shebabs

Peu de temps après la fin de l’attaque, les services de renseignement kényans étaient à l’intérieur du site pour tenter d’identifier les victimes ainsi que les terroristes.

Dès mardi, les shebabs avaient revendiqué l'attaque. La première du genre à Nairobi en cinq ans,depuis l’assaut contre le centre commercial Westgate qui avait fait près de 70 morts en 2013. Selon un diplomate, ce qui s’est passé au complexe Dusit « survient à un moment où les services kényans déjouaient des attaques depuis plusieurs années. Où le niveau des services de sécurité et de renseignement était bien meilleur qu’en 2013. »

Mais le scénario observé mardi et mercredi, « on l’avait constamment en tête », confie cette source. Parce que le Kenya a plus de 3 600 soldats engagés en Somalie contre les shebabs. Ils sont donc depuis longtemps une cible privilégiée des islamistes. Les attaques déjouées prouvent bien que le groupe cherche régulièrement à frapper le pays. Les attentats près de la frontière somalienne sont d’ailleurs réguliers. « La question n’était pas si les shebabs allaient atteindre la capitale, mais quand », indique un chercheur.

Enfin, la date de l’attentat contre le complexe Dusit n’est peut-être pas due au hasard. En ce moment, plusieurs complices de l’attaque de Westgate sont en procès à Nairobi. Par ailleurs, l’opération tombe trois ans jour pour jour après une attaque des shebabs contre la base d’El Adde, en Somalie, durant laquelle des dizaines de militaires kényans sont morts.

Le pays est aussi plus facile à attaquer, car il partage une frontière longue et poreuse avec la Somalie. Les shebabs y forment des cellules depuis plus longtemps qu’ailleurs. Cet attentat n’est donc pas totalement surprenant.

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