Kenya: des suspects arrêtés après l’attaque d’un complexe hôtelier

Des enquêteurs devant le complexe visé par une attaque à Nairobi, Kenya, le 17 janvier 2019.
© REUTERS/Njeri Mwangi

Au Kenya, l’enquête se poursuit pour faire la lumière sur l’attentat perpétré entre mardi et mercredi dans un complexe hôtelier de Nairobi. Selon les autorités, cinq terroristes ont attaqué le site, faisant 21 morts et 28 blessés.

Le président Uhuru Kenyatta a promis que tous ceux liés aux islamistes seraient traqués. Pour l’instant, au moins deux suspects de l'attaque du complexe hôtelier Dusit ont été arrêtés. D’abord l’épouse d’un des terroristes présumés. Le couple vivait à Ruaka, au nord de Nairobi, depuis quatre mois. Des armes auraient été trouvées à l’intérieur de leur logement.

L’autre suspect aurait été interpellé à Eastleigh, le quartier somali de Nairobi. « Nous pensons qu’ils ont facilité l’attentat. Pour l’instant, ils coopèrent », a déclaré le chef de la police.

Selon la presse locale, un homme serait activement recherché. Des images de vidéosurveillance le montreraient en train de déjeuner avec les terroristes peu avant les attaques.

Le Kenya a d’ailleurs renforcé la sécurité le long de la frontière somalienne pour éviter la fuite d’éventuels complices. Une ambiance de traque qui fait réagir Human Rights Watch. L’ONG demande aux autorités de ne pas commettre d’abus dans leur réponse à l’attentat, car dans le passé, « le combat contre l’insécurité avait été émaillé de graves violations des droits de l’homme », dit l’organisation, notamment contre la communauté somalie.

Grâce à des papiers retrouvés sur leurs corps, deux assaillants ont également été identifiés. Des Kényans originaires de Limuru et Nyeri, au nord de la capitale. « Ils se sont récemment convertis à l’islam et ont suivi un entraînement dans un camp des shebabs en Somalie », a confié un policier.

Le directeur des enquêtes criminelles a lui appelé tous ceux qui détiendraient des informations à se faire connaître.

Dans un communiqué, les shebabs avaient affirmé avoir tué 50 infidèles, ajoutant que le nom de cette attaque était « Jérusalem ne sera jamais judaïsée ». L’attentat « est une réponse aux remarques idiotes de Donald Trump et à sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », dit le texte. Le mouvement aurait visé ce complexe comprenant des sociétés étrangères et prisé des expatriés, justement par son caractère international. Au moins un Britannique et un Américain, survivant des attentats du 11-Septembre, font d’ailleurs partie des victimes.


■ Mouvement de solidarité des Kényans

Depuis l’attentat les Kényans font preuve de solidarité envers les victimes, avec des cérémonies d’hommage ou encore des dons du sang à destination des blessés. Tout un symbole, la Croix Rouge a ouvert un centre de don dans le mémorial de l’attentat islamiste de 1998 contre l’ambassade américaine.

Les donneurs font la queue pour que leur sang aille aux blessés soignés dans les hôpitaux de Nairobi. Plus de 650 personnes sont venues en deux jours, selon Joseph Kamotho, du service national de transfusion.

Reportage dans le centre de don du sang à Nairoi
18-01-2019 - Par Sébastien Nemeth

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.