L’UA convie à Addis-Abeba les voisins de la RDC pour accorder les points de vue

Compilation dses résultats par un officiel de la Céni, à Kinshasa, le 4 janvier (image d'illustration).
© REUTERS/Baz Ratner

La Communauté des Etats d'Afrique australe (SADC) se réunit en urgence à la demande du président de l'Union africaine ce jeudi à Addis-Abeba pour débattre du résultat contesté de l'élection présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo.

Appeler à un recomptage des voix, à un dialogue entre acteurs politiques congolais ou tout simplement à respecter les résultats du scrutin. Les Etats voisins du Congo vont devoir trancher. Quatorze chefs d’Etat de la sous-région ont été conviés à ce mini-sommet organisé à la demande du président de l’Union africaine Paul Kagame. Le président de la Namibie, qui est à la tête de la SADC, doit présider la rencontre. Sont présents aussi les présidents d'Afrique du Sud, d'Angola et de la Zambie. Du côté de la RDC, c'est le ministre des Affaires étrangères qui représente Kinshasa.

Car depuis ce week-end et un premier communiqué plutôt musclé de la Communauté des Etats d’Afrique australe, des dissensions se sont fait sentir. Lundi, alors que la conférence internationale pour la région des Grands Lacs souhaite elle aussi un recomptage des voix, la SADC fait marche arrière sur cette demande. A l’origine de ce rétropédalage, l’Afrique du Sud, allié de Kinshasa et défenseur de sa souveraineté.

Idem devant le Conseil de sécurité mardi où Johannesburg s’est fait le porte-voix de la prudence : saluer le bon déroulement du scrutin et appeler toutes les parties à la retenue.

Parler d'une seule voix

L’objectif à Addis-Abeba sera donc de parler d’une seule voix. Dès ce jeudi matin, des consultations vont avoir lieu entre Paul Kagame, les présidents des pays de la SADC et ceux de la conférence des Grands Lacs.« Ce n’est pas facile quand les résultats sont contestés », souligne-t-il.

Parmi les options sur la table : appeler à un recomptage des voix, comme le demande Martin Fayulu arrivé deuxième, à la présidentielle, appeler à un dialogue entre acteurs politiques, voir à un gouvernement d'union nationale, l'option envisagée par Félix Tshisekedi, le gagnant de cette présidentielle selon les résultats provisoires. Le tout pourrait aussi aboutir à une déclaration à minima de soutien au processus électoral, comme on a pu le voir au Conseil de sécurité de l'ONU cette semaine.

Certains diplomates concédaient mercredi déjà que la situation était très délicate. Un processus juridique est en cours en RDC. La Cour constitutionnelle doit de prononcer d'un moment à l'autre sur les recours qui ont été déposés. La marge de manœuvre est donc particulièrement étroite. La difficulté, confie un diplomate namibien, c’est de trouver une solution qui garantisse la paix dans le pays.                      

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En clair, si 61 % des Congolais devaient avoir voté pour Martin Fayulu, comme l’affirme le candidat, le priver de sa victoire fait courir le risque de heurts dans le pays. Avec pour défi, que les contestations post-électorales ne se transforment pas en violence incontrôlable.

Les Etats-Unis de leur côté ont appelé dans un communiqué mercredi la Céni à faire en sorte que les résultats définitifs reflètent la volonté des Congolais, tout en disant reconnaître la légitimité des inquiétudes sur la transparence du processus électoral.

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