Sénégal: des défenseurs des droits de l’homme soutiennent la CPI

La Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le 27 septembre 2018.
© REUTERS/Eva Plevier/File Photo

La Cour pénale internationale a donc acquitté Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, mais la Chambre d'appel de la CPI s'est prononcée contre la libération de l’ex-chef d’Etat ivoirien et de l’ex-leader des Jeunes Patriotes. Au Sénégal, ce dossier judiciaire a été particulièrement suivi par la société civile. La Cour pénale internationale est depuis de longues années critiquée, décriée, sur le continent comme à Dakar. Et pourtant, les défenseurs des droits de l’homme estiment qu’il faut continuer à aider, à appuyer cette institution unique qui donne aux victimes un accès à la justice.

De tous les combats, auprès des victimes d’Hissène Habré, notamment lors de son procès à Dakar, l’avocat Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue des droits humains et membre du comité de discipline des avocats de la CPI, estime que la CPI doit continuer à jouer son rôle sur le continent.

« Je pense que ce n’est pas forcément un échec, même si nous aurions souhaité, évidemment, que ces victimes puissent savoir la réalité des faits et des crimes massifs qui ont été commis, quand même. Mais cela n’altère en rien notre attachement à la CPI. Nous pensons plus que jamais à son opportunité, à son utilité devant les populations africaines », explique Assane Dioma Ndiaye.

Alioune Tine, le directeur d’Amnesty International en Afrique de l’Ouest, considère que les Etats africains qui ne soutiennent pas, ou pire, qui boycottent la CPI doivent revoir leurs choix, car l’instance est la seule qui peut protéger les victimes : « Si effectivement l’Afrique n’a pas construit une souveraineté judiciaire lui permettant d’adresser les crimes contre l’humanité, d’adresser les crimes internationaux, comme les crimes de guerre ou le génocide, le seul recours, aujourd’hui, pour les victimes africaines de ces crimes, c’est la CPI ».

La CPI devra-t-elle revoir ses méthodes ? Les défenseurs des droits rappellent que le continent a été capable de juger Hissène Habré en créant les Chambres africaines extraordinaires, mais que cette expérience réussie n’a eu aucune suite.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.