Corruption/Afrique du Sud: les dernières révélations de la commission d’enquête

Le juge Raymond Zondo à la tête de la commission d'enquête, ici à Johannesburg le 20 avril 2018 lors d'une audition publique.
© GULSHAN KHAN / AFP

En Afrique du Sud, il y a eu beaucoup de révélations cette semaine au sein de la commission d’enquête sur le scandale de corruption généralisée à la tête de l’Etat. La commission écoute des dizaines de témoins depuis septembre dernier. Le but est de faire la lumière sur des accusations de détournement de fonds de grande échelle dans les entreprises publiques, principalement lorsque Jacob Zuma était président. A la barre cette semaine, Angelo Agrizzi, ancien numéro 2 de Bosasa, une entreprise publique de management qui a versé, selon lui, des millions d’euros pour corrompre les membres du gouvernement et de l’ANC.

La commission d’enquête était récemment pointée du doigt pour le manque d’avancées concrètes dans certains dossiers de détournements de fonds. Le cas de Bosasa a relancé l’intérêt, d’abord car Angelo Agrizzi était l’un de ceux directement impliqués. L’ancien numéro 2 de l’entreprise donnait lui-même les pots-de-vin. Un budget de 500 000 euros par mois affirme-t-il, pour corrompre plus de 80 PDG d’entreprises publiques et d’hommes politiques.

Lorsqu’il lui a demandé de nommer les bénéficiaires Agrizzi n’hésite pas une seconde : c’est principalement des membres de l’ANC, dit-il, le parti au pouvoir. Le nom de la ministre des Affaires étrangères Lindiwe Sisulu est notamment cité.

Vidéos à l’appui, Agrizzi montre et démontre le versement de pots-de-vin méticuleusement orchestré. Chose incroyable, il accuse même le secrétaire général de la commission d’enquête devant laquelle il témoigne. Khotso de Wee ferait, lui, aussi partie des bénéficiaires. Il a été suspendu dans la foulée.

Autre rebondissement : la commission a interrompu son témoignage pour des raisons de sécurité. Un ancien officier de police et proche de Bosasa aurait été aperçu dans le bâtiment, vraisemblablement pour dissuader Agrizzi de parler.

Le scandale Bosasa pourrait aussi éclabousser Cyril Ramaphosa. Le président avait reçu un mystérieux don de 31 200 euros de la part de l’entreprise pour financer sa campagne en 2017.

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