Mali: violente attaque contre le contingent tchadien de la Minusma

Un soldat tchadien de la Minusma en opération à Konna dans la région de Mopti au Mali le 20 décembre 2018.
© MINUSMA/Gema Cortes

Une attaque a eu lieu très tôt ce matin à Aguelhok au nord du Mali contre le contingent tchadien de la force onusienne déployée dans le pays, la Minusma. Le bilan est très lourd : au moins dix casques bleus tués et 25 autres blessés. Le représentant de l'ONU dénonce une attaque « ignoble ».

L’attaque a commencé ce dimanche matin vers 6h15 (heure locale). Des hommes armés ont surgi devant un checkpoint de la mission de l’ONU au Mali, à Aguelhok dans la région de Kidal, mais également devant le camp de la Minusma de la même localité.

Nombreux assaillants

Des bruits d’armes automatiques ont été entendus de loin par les populations. Les assaillants étaient, semble-t-il, nombreux. Les positions des casques bleus tchadiens qui tiennent la ville d’une main de fer ont été attaquées. Il y a eu riposte. Des hélicoptères de la mission de l’ONU sont venus en renfort, notamment en provenance de la localité de Tessalit.

Selon l'ONU, au moins dix casques bleus ont été tués, vingt-cinq autres blessés. Et dans les rangs des assaillants, il y a eu également de nombreuses victimes. Un habitant de Aguelhok témoigne : « A Aguelhok, depuis plusieurs mois, c’est la première grande bataille entre les terroristes qui se font appeler jihadistes et les casques bleus. »

Les habitants inquiets

Un autre habitant de Aguelhok, interrogé par RFI, se dit inquiet : « Comment les assaillants pouvaient-ils être aussi nombreux dans la ville ? ». Certains d’entre eux scandaient « Allah Akbar », (« Dieu est grand »). A la mi-journée, les casques bleus de l’ONU semblaient reprendre le contrôle de la situation.

« Cette attaque complexe et lâche illustre la détermination des terroristes à semer le chaos ; elle exige une réponse robuste, immédiate et concertée de toutes les forces pour anéantir le péril du terrorisme au Sahel », a déclaré le représentant du secrétaire général de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif.

Ce n'est pas la première fois que le camp d'Aguelhok est ciblé. En avril dernier déjà, deux casques bleus avaient été tués par des tirs. L'attaque de ce dimanche matin est l'une des plus meurtrières que l'ONU n'ait jamais connues au Mali. Elle coïncide avec l'annonce par la France de la reprise des opérations du G5 Sahel, force anti-jihadiste notamment ralliée par le Mali. Cette attaque coïncide également avec l'arrivée au Tchad voisin du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.