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Kenya

[Reportage] Kenya: inquiétude de la communauté somalie victime de stéréotypes

Des forces de sécurité encerclent le complexe visé par une attaque des shebabs, à Nairobi, Kenya, le 15 janvier 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

Au Kenya, les arrestations se poursuivent dans le pays près d’une semaine après l’attaque du complexe hôtelier à Nairobi qui a fait 21 victimes. La femme et le père du kamikaze ont notamment été arrêtés à Mombasa, sur la côte. Les shebabs de Somalie ont revendiqué l’attentat. Depuis, la communauté musulmane du Kenya, les Somalis, craint d’être stigmatisée par la population et de subir des représailles. Reportage dans le quartier de Eastleigh à Nairobi à majorité somalie.

Les rues d’Eastleigh sont pleines à craquer ce week-end. Les boutiques sont ouvertes. La vie reprend ses droits. En apparence seulement, car l’inquiétude règne, confirme Yassine, un vendeur de chaussures : « On souffre beaucoup. Etre musulman ne veut pas dire qu’on est terroriste. Aucune religion ne doit être blâmée sinon le pays va se détériorer. »

Les Somalis, minorité musulmane du Kenya, sont régulièrement stigmatisés, taxés de complices des shebabs par la population.

Jasmina essaie une burka orangée dans cette petite échoppe de rue. En cachant son visage avec sa main, elle raconte : « Nous sommes des victimes, mais nous sommes aussi les suspects. Ils tuent aussi notre communauté. Nous sommes Kényans. »

Alors pour exprimer leur solidarité et faire cesser les amalgames, les commerçants d’Eastleigh ont fermé leur boutique vendredi dernier et manifesté pour la paix. C’est le cas de Guerra qui tient une petite boutique de parfums : « On a fermé hier pour condamner l’attaque de l’hôtel. Mais la plupart des Kényans pensent que les Somalis sont des shebabs. Je suis très inquiet. »

Les habitants d’Eastleigh se souviennent des exactions policières d’il y a 5 ans après l’attaque du centre commercial du Westgate. Arrestations arbitraires, crimes extrajudiciaires. Les Somalis étaient pris pour cible. Mais cette fois, rien de tout cela à ce jour. Les habitants restent tout de même sur leurs gardes.

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