RCA: quels groupes armés participent aux négociations à Khartoum?

Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité et le chef de la diplomatie soudanaise lors de la session d'ouverture des négociations à Khartoum le 24 janvier 2019.
© ASHRAF SHAZLY / AFP

Les négociations entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés ont commencé jeudi à Khartoum, au Soudan, et elles devraient se poursuivre jusqu'au 1er février, selon des sources à l'Union africaine qui chapeaute ce processus.

Pratiquement tous les principaux leaders des quatorze groupes armés qui contrôlent 80 % du territoire centrafricain sont présents à Khartoum pour ces négociations. Deux étaient particulièrement attendus, Nourredine Adam, chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), arrivé sur place jeudi matin, et Ali Darassa à la tête de l'Union pour la Centrafrique  (UPC), qui a rallié la capitale soudanaise dans la soirée jeudi, selon des sources sur place.

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Les deux chefs de guerre ex-Seleka s'étaient montrés réticents à faire le déplacement de Khartoum. Une mission russe aurait eu un rôle déterminant pour les convaincre du contraire, selon des sources de l’ex-Seleka et de l'Union africaine.

Les ex-Seleka menacent de se retirer

Mais signe que ce processus ne sera pas des plus aisés, les ex-Seleka ont menacé dès avant l'ouverture de ces négociations de suspendre leur participation si les violences qui ont secoué la ville de Bambari dans la nuit de mercredi à jeudi se poursuivaient.

Abakar Sabone, un de leurs porte-parole qui se trouve à Khartoum, accuse les casques bleus portugais d'avoir tué à cette occasion sept civils musulmans, dont des femmes et des enfants.

Une source de la Minusca dément et explique que c'est l'opération « Bambari sans groupes armés » qui se poursuit. Une de ses patrouilles s'est heurtée à une trentaine d'éléments armés de l'UPC. Des échanges de tirs s'en sont suivis et, jeudi matin, une foule en colère est venue déposer devant la base de la Minusca trois corps de personnes tuées. Les corps se trouvent maintenant à la morgue de Bambari.

Dans un communiqué envoyé à RFI, la Minusca « déplore profondément les pertes en vies de civils ». La mission de l’ONU en Centrafrique accuse l’UPC d’être à l’origine des affrontements de mercredi à jeudi, en attaquant notamment les positions des casques bleus et met en garde le groupe armé contre toute tentative de se réinstaller dans la ville de Bambari.


■ La lettre de l’ex-président Bozizé

L'ancien président centrafricain François Bozizé, qui vit en exil en Ouganda, vient d'écrire à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine, qui chapeaute ces négociations. Il dénonce l'exclusion des anciens chefs d'Etat de Centrafrique du processus en cours à Khartoum, dont il rend responsable le gouvernement de son pays. Il espère être convié à y participer avant la fin de ces assises afin, dit-il, que « chaque entité apporte sa pierre à la résolution définitive de la crise centrafricaine ».

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