RDC: quelle marge de manoeuvre politique pour le nouveau président Tshisekedi?

Cérémonie d'investiture du nouveau président de la RDC à Kinshasa, le 24 janvier 2019: le président sortant Joseph Kabila (G) remet l'écharpe présidentielle à son successeur Félix Tshisekedi (D).
© REUTERS/Olivia Acland

Félix Tshisekedi, chef de l'UDPS, le premier parti d'opposition, a été investi, jeudi 24 janvier, cinquième président de la République démocratique du Congo. Un président qui va devoir composer avec un Parlement et un Sénat dominés par le FCC, la coalition du pouvoir sortant de Joseph Kabila et avec un Premier ministre issu de l'actuelle majorité. Dans ce contexte, quels seront, dans les faits, les pouvoirs du président ? Que prévoit la Constitution congolaise ?

Parmi les pouvoirs que le président exerce seul, celui de diriger l'armée, il y a le droit de grâce aussi qui permet de réduire, commuer ou carrément effacer une peine de prison. Le chef de l'Etat peut également relever de ses fonctions son Premier ministre en cas de blocage.

Pour le reste, rien ou presque ne se fait sans l'approbation du gouvernement. Que ce soit pour nommer ou révoquer d'ailleurs des officiers de l'armée, de la police, le chef d'état-major général, tous les postes au sein des forces de sécurité, les hauts fonctionnaires de l'administration, les responsables des établissements publics ou même les ambassadeurs... A chaque fois, selon la Constitution, le président devra avoir l'aval de son gouvernement. Ce qui, dans une configuration classique, peut se révéler être une formalité peut aussi, en cas de cohabitation, devenir un véritable casse-tête. Dans ce contexte, Félix Tshisekedi aura-t-il le pouvoir de réformer l'armée comme il s'y est engagé, alors qu'il ne dispose d'aucun soutien particulier au sein des services de sécurité et que les ministres pourront à chaque fois faire blocage ?

Même problème sur le volet économique où avoir la main pourrait s'annoncer difficile face à des ministres, nommés là aussi, sur proposition d'un Premier ministre issu des rangs de la coalition du président sortant.


■ Une situation économique compliquée

Malgré d’énormes potentialités, l’économie du Congo-Kinshasa reste fragile. Elle dépend de l’exportation des matières premières, dont 40% vont en Chine. Une économie dont la santé est donc dictée par l’évolution des cours des minerais, notamment le cobalt, dont le pays est le premier producteur mondial, et le cuivre, dont il est le premier producteur africain.

Quant aux cultures d’exportation, leur part a fortement reculé. Celle du café par exemple, qui comptait beaucoup dans les années 1980, est insignifiante aujourd’hui. Et c’est le cas aussi pour le coton, le cacao le thé ou encore l'hévéa. Le Congo-Kinshasa est loin d’être autosuffisant au niveau alimentaire. Le maïs consommé aujourd’hui dans les villes est en grande partie importé.

Le défi majeur de Félix Tshisekedi est d'enclencher une dynamique vertueuse dans la gestion des recettes et d'en augmenter pour qu'elles profitent au plus grand nombre. Le nouveau président congolais hérite, en effet, de l’un des cinq pays les plus peuplés du continent - 89 millions d’habitants aujourd’hui, selon les estimations de la Banque mondiale - mais aussi l’un des plus démunis de la planète, malgré une diminution du taux de pauvreté ces 20 dernières années.

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