Manifestations au Soudan: la répression cible aussi certaines professions

Manifestation dans les rues de Khartoum le 11 janvier 2019 (illustration).
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Au Soudan, la pression contre le président Omar el-Béchir ne faiblit pas. De nouvelles manifestations sont prévues, ce samedi 26 janvier, à l'appel de l'Association des professionnels soudanais (APS). Malgré la répression, les protestataires continuent de réclamer la démission du chef de l'Etat. Depuis le 19 décembre, au moins 40 d'entre eux ont été tués, selon les organisations de défense des droits humains. Les autorités parlent, elles, d'une trentaine de morts. Toutefois, les manifestants ne sont pas les seuls à faire les frais de cette répression.

Des leaders politiques, des avocats, des journalistes et même des médecins sont dans le collimateur des services de sécurité soudanais, autant de corps de métiers représentés par l'Association des Professionnels du Soudan, à la tête du mouvement de contestation contre le président Omar el-Béchir.

Ces professions sont directement ciblées par la répression en cours. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent des violences, des arrestations arbitraires et des détentions au secret.

Parmi les nombreux cas documentés par Human Rights Watch (HRW) et trois autres organisations (African centre for justice and peace studies, International refugee rights initiative et Al Khatim Adlan centre for enlightenment and human development), celui, par exemple, du docteur Alfatih Omer Elsid. Il a été arrêté, début janvier, après avoir annoncé que son hôpital privé prodiguerait des soins gratuits aux manifestants blessés. HRW cite également le cas du Dr. Alaa Nugdalllah, responsable de l'Association des chirurgiens soudanais, arrêté mi-janvier, à son bureau, à Khartoum.

Les arrestations n'épargnent pas non plus les professionnels des médias. D'après le Centre africain d'études sur la justice et la paix, cinq journalistes sont actuellement détenus au secret, sans avocat ni contact avec leurs proches. En cause, selon l'organisation basée aux Etats-Unis, leur couverture des manifestations anti-gouvernementales.

La pression contre les journalistes ne s'arrête pas là. Le Centre africain d'études sur la justice et la paix dénonce des intimidations, notamment de la part des services de renseignements. L'organisation les accuse de dissuader les médias étrangers, implantés au Soudan, d'inviter des experts à s'exprimer sur les manifestations, sans permission préalable.

Un soutien de poids pour les manifestants

L’imam al-Sadek al-Mahdi, principal chef de l’opposition, a affirmé, vendredi, soutenir le mouvement de contestation réclamant le départ du président Omar el-Béchir, en s'adressant à ses partisans, à Omdourman. Joint par RFI, Mohamad Lasbat, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais revient sur ces déclarations.

« Le discours, ce vendredi, de l'imam al-Sadek al Mahdi, chef du parti al Oumma et dernier chef du gouvernement élu démocratiquement dans le pays,  l’annonce de son soutien personnel à l'APS, l'appel qu’il a lancé à ses fidèles pour participer aux manifestations pour la liberté et les changements, nous procure un soutien moral important. Ce soutien rajoute au dynamisme de la rue soudanaise, alors que les protestations entrent dans leur sixième semaine », s’est-il réjoui.

« Il est vrai que Sadek al-Mahdi et le parti Oumma sont membres de l'alliance Nida' al Soudane qui a signé la déclaration de "la liberté et du changement" mais auparavant, le parti Oumma faisait ses déclarations à travers ses dirigeants et non pas à travers son chef qui a un poids national et régional. Nous ne nous soucions pas du programme politique des partis signataires de cette déclaration. Ce qui nous importe, c’est qu'on soit tous d'accord sur la nécessité de faire tomber le régime et d’installer l’alternative démocratique », a-t-il ajouté.

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