Zimbabwe: le président du syndicat à l'origine de la grève incarcéré

Barricade pendant le mouvement de protestation, à Harare, le 15 janvier 2019 (image d'archives).
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Vendredi soir, c’est le président de la ZCTU, le syndicat à l’initiative de l’appel à la grève la semaine dernière pour protester contre la hausse des prix du carburant, qui a été arrêté, Peter Mutasa. Une contestation réprimée dans la violence par les autorités zimbabwéennes.

Peter Mutasa, Japhet Moyo, Evan Mawarire, Obert Masaraure, Robson Chere… La liste est longue des dirigeants syndicaux et de la société civile arrêtés ces derniers jours.

Dernier en date, Peter Mutasa, président de la ZCTU. Il s’est présenté de lui-même à la police vendredi accompagné de son avocat.

Après avoir interrogé pendant plusieurs heures, il a été incarcéré. Il est poursuivi pour « subversion envers le gouvernement » et « incitation publique à la violence ».

Pour Kumbirai Mafunde, porte-parole de l’ONG Avocats du Zimbabwe pour les droits de l’homme (ZLHR), son arrestation est inquiétante. Elle montre que malgré l’appel au dialogue lancé par le chef de l’Etat Emmerson Mnangagwa à l’opposition et la société civile, la répression n’est pas terminée.

« Ces violences contre les Zimbabwéens sont sans précédent. Nous assistons à des arrestations massives sur l’ensemble du pays : Bulawayo, Chinoyi, Mutare, Masvingo, Ganda. Presque partout, les gens sont arrêtés et déférés devant la justice, même des mineurs. C’est inquiétant parce que ces arrestations continuent et que celle de Peter Mutasa montre que ce n’est pas fini », souligne-t-il.

Il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur évoquait plus de 600 arrestations. Mais selon plusieurs organisations des droits de l’homme, il y en aurait eu plus de 1 000.

Les ONG dénoncent les exactions commises par les forces de sécurité – dont des cas de torture et de viol – et demandent que les auteurs rendent compte de leurs actes.

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