Nigeria: le PDP suspend sa campagne et prépare sa réponse

Atiku Abubakar, ancien vice-président, a remporté la primaire du Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l'opposition, à Port Harcourt, le 7 octobre 2018.
© REUTERS/Tife Owolabi

Ibrahim Tanko Muhammad a commencé son intérim hier à la Cour Suprême nigériane. Il a procédé à ses premiers actes dans un climat délétère. La suspension, puis le remplacement de son prédécesseur n'en finissent pas de faire des vagues au Nigeria. Si le président Muhammadu Buhari affirme s'appuyer sur les textes de la nouvelle juridiction du Tribunal du code de conduite, sa décision a déclenché une levée de boucliers du côté de l'opposition sortante, mais aussi dans le monde judiciaire et dans les milieux diplomatiques.

Pour Uche Secondus, responsable national du Parti populaire démocratique (PDP), la démocratie nigériane serait gravement en danger. En suspendant provisoirement la campagne d'Atiku Abubakar, Uche Secondus lance un appel aux citoyens nigérians « à faire barrage à la tyrannie ».

Discours plus feutré mais condamnation unanime de l'ambassade des Etats-Unis, de la Haute commission de la Grande-Bretagne et de la mission de l'Union europoéenne. Préoccupés par les répercussions potentielles, ces trois représentations diplomatiques estiment que le moment choisi pour changer le président de la Cour suprême n'est pas opportun. Elles appellent au respect des voies légales et de la Constitution nigériane.

De son côté, la majorité présidentielle sortante fait bloc derrière Muhammadu Buhari. Lanre Issa-Onilu, porte-parole de l'APC trouve ridicule la position de son parti rival. Selon lui, le PDP « cherche des excuses à sa défaite à venir ».

Enfin Itse Sagay, responsable d'une organisation pro-gouvernementale de lutte contre corruption, reproche, quant à lui, un manque d'intégrité au président de la Cour Suprême. Ce professeur de droit estime que Walter Onnaghen « aurait du démissionner de lui-même de ses fonctions ».

Le PDP de réjouit de la prise de position de la communauté internationale

Le principal parti d’opposition a décidé de suspendre sa campagne pendant trois jours en signe de protestation , Shehu Yusuf Kura, le porte-parole du PDP, joint par RFI, explique pourquoi.

« Nous sommes très heureux de voir que la communauté internationale a condamné cette décision… les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Grande Bretagne. C’est un pas très important.  La principale raison pour laquelle nous avons suspendu notre campagne est pour attirer l’attention de Nigérians sur ce qui s’est passé. Ensuite, nous allons nous concerter et décider quelle sera notre réaction face à ces attaques du système judiciaire, sur ce que nous allons faire, ce que nous allons dire », a-t-il déclaré.

A la question de savoir si le parti allait boycotter les élections, Shehu Yusuf Kura affirme qu’il n’en est pas question.

« Non, pas du tout car si nous faisons cela, ce serait plonger le Nigeria dans le chaos politique. Nous sommes convaincus de notre victoire. Les gens ne vont pas revoter pour ce gouvernement. Nous ne pensons pas boycotter cette élection. Nous allons y participer et nous allons gagner », conclut-il.

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