Burkina Faso: l’angoisse des populations du centre et du Nord

Des agriculteurs bukinabè (image d'illustration).
© Getty Images/Eco Images

Au Burkina Faso, une nouvelle attaque terroriste a eu lieu ce lundi à Nassoumbou, près de la frontière malienne, dans le Nord. Quatre militaires ont été tués. La veille, c'était le village de Sikiré, à une vingtaine de kilomètres d'Arbinda dans la province du Soum, qui a subi l'assaut d'hommes armés. Le bilan est de dix morts. L'insécurité s'intensifie depuis plusieurs semaines dans le nord du Burkina et s'étend jusqu'au centre du pays. Dans ces régions agropastorales, les terroristes se jouent des tensions intercommunautaires pour les déstabiliser. Et les populations vivent dans l'angoisse.

Tidiane Zango est un éleveur de Yirgou-Foulbè. Il a perdu son frère, l'un de ses fils et tous ses biens dans l'attaque de son village début janvier. Tidiane vit aujourd'hui chez un proche à Arbinda et ne sait pas de quoi demain sera fait : « Vraiment, notre situation est grave parce que pas de nourriture, tout le blé est brûlé. Grâce au PAM [Programme alimentaire mondial], on a trouvé un peu à manger. J’ai perdu tous mes biens. Les bœufs, les moutons, tout est perdu. »

Aujourd'hui, certains éleveurs tentent de partir à la recherche de leurs troupeaux dispersés dans la brousse. Yacouba Diandé est le secrétaire général d'une association locale d'éleveurs : « Ils partent un à un pour aller refaire des troupeaux. Mais ils ont peur des fusils qui sont toujours là-bas. Le conflit est toujours là-bas. »

Des troupes des forces de sécurité burkinabè ont été déployées dans la région, mais leur présence ne suffit pas à rassurer les populations, selon Boubacary Diallo, secrétaire général de l'Union nationale des « Rougas » du Burkina. C'est à dire des chefs traditionnels des éleveurs. « Ils sont visibles sur le terrain. Mais seulement, le plan de riposte n’a pas été assez conséquent. Jusqu’à présent, les gens n’arrivent pas repartir dans leur village respectif. Cela veut dire que la situation n’est pas réglée. D’abord, il faut arrêter ceux qui ont commis ces exactions. Ça va permettre aux autres de comprendre qu’il y a une autorité en face ». Depuis les attaques de janvier, aucune arrestation n'a été faite.

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