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Cameroun

Cameroun: pour les MRC, le pouvoir veut «décapiter notre parti»

L'opposant camerounais Maurice Kamto, le 8 octobre 2018 à Yaoundé.
© REUTERS/Zohra Bensemra

Le pouvoir camerounais veut « décapiter notre parti ». C’est ce que dénoncent les opposants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) après l'arrestation de leur leader Maurice Kamto, ancien candidat à la présidentielle d'octobre 2018, dont il conteste les résultats. D'autres personnalités du MRC ont été interpellées, ce lundi, après un week-end de manifestations non autorisées dans plusieurs villes du pays. Plus d'une centaine de personnes avaient été arrêtées lors de la dispersion de ces rassemblements, notamment à Douala où l'on compte plusieurs blessés.

Plusieurs avocats et responsables du MRC se sont rendus ce mardi matin au siège de la police judiciaire à Yaoundé, où les personnalités du mouvement ont été transférées dans la nuit, selon le parti. Un déplacement pour rien, explique un responsable du MRC, car les policiers ont refusé qu'ils rendent visite à Maurice Kamto et aux personnes arrêtées hier soir.

Des dizaines d'arrestations

L'ex-candidat à la présidentielle se trouvait à Douala chez l'un de ses soutiens, Albert Dzongang, lorsque les forces de l'ordre sont arrivées. Selon le MRC, tous les deux ont été emmenés ainsi que l'économiste Christian Penda Ekoka et au moins quatre personnes qui se trouvaient sur place. Le parti d'opposition ajoute que plusieurs dizaines d'autres ont été arrêtées, mais sans donner de chiffres précis. Les vérifications sont encore en cours, explique-t-on au MRC.

« Ligne rouge »

Une autre personnalité du parti est détenue depuis ce lundi soir. Selon le MRC, le trésorier Alain Fogué a été placé en garde à vue à Yaoundé pour insurrection et destruction de biens. Il se trouverait en ce moment au GSO, le groupement spécial d'opérations. Les opposants considèrent que ces arrestations sont injustifiées. Pour les autorités, le MRC a franchi « la ligne rouge » samedi dernier, selon les mots du ministre de l'Administration territoriale et, toujours selon le ministre, « débordé le seuil de tolérance ».

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