Contestation au Soudan: toutes les personnes détenues seront libérées

Manifestation à Omdourman contre Omar el-Béchir, le 20 janvier 2019. Ce mardi, la police a une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les contestataires.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Le régime d'Omar el-Béchir est-il en train de trembler ? Ebranlé depuis 6 semaines par un mouvement de protestation sans précédent, les autorités soudanaises semblent faire un geste d'apaisement. Khartoum a annoncé mardi la libération de tous les prisonniers arrêtés depuis le début de la colère contre le président en place. On s'attend à une libération d'environ un millier de personnes.

Il est difficile pour l’heure de dire précisément combien de personnes sont concernées. Plusieurs ONG de défense des droits humains ont estimé à plus d’un millier le nombre de personnes qui ont été détenues par le service national du renseignement et de la sécurité. Parmi elles, des figures de l’opposition, des militants, des journalistes, tous ces manifestants devraient donc rapidement recouvrer la liberté.

Un geste d’apaisement qu’appelaient de leurs vœux l’Union européenne et les Etats-Unis. Washington promettant même de meilleures relations avec Khartoum si la mesure entrait en vigueur rapidement.

Ce mardi soir, l’association des professionnels soudanais, à l’origine du mouvement de contestation, dit se féliciter de cette annonce. « C’est une petite victoire, parmi d’autres », a déclaré à RFI son porte-parole Mohamad Lasbat qui précise bien que ce geste n’est toutefois pas de nature à stopper le mouvement.

Cette décision du gouvernement, est une nouvelle victoire du peuple soudanais, et une nouvelle défaite pour le pouvoir. La politique de détention et de torture ne servira à rien et n'entamera pas notre volonté de faire tomber le régime et d'installer l'alternative souhaitée par notre peuple.

Mohamad Lasbat, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais
30-01-2019 - Par Pierre Firtion

Cette contestation risque de se poursuivre dans la rue. Ce mardi, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Khartoum et Omdourman où la police a une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les contestataires.

Ce mouvement fait, depuis le 19 décembre dernier, trembler le pouvoir soudanais. Au départ, les contestataires étaient descendus dans la rue pour dénoncer le triplement du prix du pain alors que le pays est touché de plein fouet par la crise économique et les pénuries.

Mais au fur à mesure, ce mouvement qui n'a cessé de gagner en ampleur s’est transformé en rejet du président el-Béchir. Les appels à sa démission sont désormais quotidiens, reste désormais à savoir si ce geste d’apaisement suffira à calmer ce soulèvement populaire.

(Re) lire : [Portrait] Soudan: le général Omar el-Béchir dans son labyrinthe

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