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Corruption

Corruption dans le monde: l'Afrique piétine, selon Transparency

Défilé contre la corruption en Afrique du Sud (archives).
© REUTERS/Mike Hutchings

L’ONG Transparency International a livré cette semaine son rapport annuel pour l’année 2018 sur l’Indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde. Sans surprise, les pays africains restent encore parmi les plus corrompus. Malgré les engagements de la plupart des pays et quelques progrès, la lutte contre le fléau piétine sur le continent.

L’Union africaine l’a consacrée « année de lutte contre la corruption », mais 2018 aura finalement vu peu de progrès dans cette bataille. Malgré les diatribes de certains dirigeants africains contre le phénomène et l'adoption des principes démocratiques de gouvernance, ce sont en fait ces mêmes gouvernants qui sapent les efforts entrepris, selon le rapport de Transparency International.

Sur une échelle de 1 à 100, le score le plus bas correspondant au pays le plus corrompu, les résultats du classement sont contrastés à l’intérieur du continent. La Somalie et le Soudan du Sud demeurent les pays où la perception de la corruption est la plus forte et occupent les profondeurs du classement. La Guinée équatoriale, le Congo-Brazzaville et le Tchad sont dans le top 10 des pays les plus corrompus, les Seychelles, le Botswana et le Cap-Vert étant parmi les moins corrompus du continent.

Le rapport note toutefois quelques progrès : le Cameroun et le Nigeria, qui se partageaient il y a quelques années les premières places des pays africains les plus corrompus, sont désormais respectivement 15e et 20e. Transparency International note aussi les progrès de l'Angola et le souhait du nouveau président d’éradiquer la corruption, même si, pour l'instant, il ne semble viser que les proches de son prédécesseur.

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■ Focus sur le Sénégal

Le Sénégal n’est pas un bon élève dans la lutte contre la corruption. Si des efforts ont été réalisés lors de premières années du mandat de Macky Sall, le pays n’a pas progressé depuis trois ans, constate Transparency International. Avec une note de 45 sur 100, le Sénégal est sous la moyenne, dans la zone rouge.

Pour Birahim Seck, le coordinateur du Forum Civil qui travaille avec Transparency International, la corruption est plus importante au sein des Etats qui mettent en place des plans de développement.

« Tous les pays de la Cédéao, hormis le Cap-Vert, sont dans la zone rouge. La plupart des pays disposent de plans émergents : la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Sénégal. Tous ces pays qui disposent de plans émergents sont toujours dans la zone rouge et c'est un peu paradoxal. Parce que quand on parle de plans émergents, si nous prenons le cas du Sénégal, le troisième pilier, c'est la gouvernance : il y a un réel manque de transparence au niveau du Sénégal, un président de la République qui dit "j'ai mis des dossiers sous le coude", des organes de contôle qui refusent de rendre public les rapports qui appartiennent aux Sénégalais. Donc il y a un besoin aujourd'hui de rétablir l'intégrité au niveau de l'élite de façon globale pour qu'il y ait une éducation, par exemple. En dernier lieu, nous proposons qu'il y ait des sanctions positives pour ceux qui donnent l'exemple de probité et d'intégrité ; des sanctions négatives pour ceux qui sont contre la gestion transparente des deniers publics. »

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