Corruption à Madagascar: du mieux mais encore tant à faire

Panneau contre la corruption à Madagascar. (Photo d'illustration)
© Rod Waddington/Flickr

Comme à chaque mois de janvier, Transparency International dévoile son classement mondial de la corruption. La Grande Île obtient un score de 25/100 et se classe au 152e rang sur 180 pays. C’est un point de mieux que l’an dernier, et trois places de gagnées au classement mondial. C’est aussi la première amélioration du score depuis 2012. Pourtant, pas de quoi s’en réjouir.

« La tendance est mauvaise, les défis sont énormes. » Voilà en résumé ce que l’on retiendra de l’annonce faite par Frédéric Lesné, le représentant de Transparency International – Initiative Madagascar.

« On ne peut pas se réjouir, parce que la note, même si elle est en très légère augmentation, reste faible. Et notamment largement inférieure à la moyenne des pays d’Afrique, qui est de 32/100. »

Certes, le premier Pôle anticorruption, institution spécialisée pour traiter les cas de corruption, a enfin été mis en place après de nombreuses années d’attente. Des ressources supplémentaires ont aussi été octroyées aux différents organes de lutte. Pas suffisant cependant.

« On a le sentiment que toutes ces avancées ont été faites de manière forcée, qu’aucun gouvernement ni aucun président n’a réellement vu la lutte contre la corruption comme un enjeu majeur et que les maigres avancées sont surtout le fait de pressions ou d’une volonté d’améliorer son image mais pas d’une vraie prise de conscience que la corruption est un problème et qu’il faut lutter contre lui », déplore Frédéric Lesné.

« Combat titanesque »

Le spécialiste de poursuivre : « Il est impératif désormais que les outils qui sont disponibles pour lutter contre la corruption - et ce n’est pas un mystère, on sait comment lutter contre la corruption aujourd’hui ! - ces outils doivent être mis en place et ça commence notamment par l’adoption de la loi sur les recouvrements illicites, qui traîne depuis sept sessions parlementaires. Ça, c’est l’urgence absolue, pour limiter les risques de corruption et surtout empêcher les personnes qui sont condamnées pour des faits de corruption de bénéficier des biens qu’ils ont pu acquérir au travers de ces faits de corruption. Et pour cela, le nouveau président et son équipe sont attendus au tournant. Par la société civile et par les citoyens en général. »

Ce chef d’entreprise, qui assistait à l’annonce des résultats, épingle, lui, le nouveau chef de l’Etat. « Il y a une initiative de Transparency International Madagascar qui a été excellente, c’était de demander à chacun des candidats les sources de financement de leur campagne. Malheureusement, aucun des deux finalistes n’a donné de réponse à ce sujet [seulement 6 des 36 candidats ont joué le jeu, NDLR]. Ce que j’attendrais du nouveau pouvoir, c’est que pour les prochaines élections, il soit obligatoire de répondre à ce type d’investigation. »

Au milieu de l’assistance, nombreuse, seuls trois employés des ministères avaient fait le déplacement hier. Parmi eux, le représentant du Premier ministre. Ce dernier a reconnu que le combat « s’annonçait titanesque ».

Aujourd’hui, l’Indice de perception de la corruption (IPC) est l’indicateur le plus largement utilisé à travers le monde pour mesurer le degré de corruption perçue dans le secteur public d’un pays. A noter que pour réaliser cette étude, seuls des experts internationaux et des chefs d’entreprises sont sondés par Transparency.

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