[PORTRAIT 4/5] Présidentielle au Sénégal: Madické Niang, le dissident

Madické Niang, ministre sénégalais des Affaires étrangères, à Moscou le 8 février 2011.
© Alexander Natruskin / Reuters

Au Sénégal, ils sont cinq dans la course à la présidentielle : le sortant Macky Sall, Idrissa Seck, Madicke Niang, Issa Sall et Ousmane Sonko. A moins d'un mois du scrutin, RFI dresse chaque jour le portrait de l’un des candidats. Aujourd’hui, jeudi 31 janvier : Madické Niang, du Parti démocratique sénégalais, parti qui a toujours désavoué sa candidature, la jugeant dissidente face à celle de Karim Wade.

Devant une des nombreuses mosquées de Dakar, Ibrahima Faye porte un gilet orange. C’est pour mieux être vu sur les routes : l’homme est mécanicien et répare bénévolement les voitures qui vont dans la ville sainte de Touba. « C'est quelqu'un de bien. Il a un caractère ferme, et il aide les gens. La chose la plus importante dans la vie, c'est aider. Il aide. C'est quelqu'un de superbe », affirme-t-il.

Touba est la destination préférée de Madické Niang pour faire campagne. Le candidat bénéficie d’une grande popularité dans ce bastion historique du PDS. Mais Madické Niang manque d’appui sur le territoire, estiment ses détracteurs. Le candidat assure qu’il est loin d’être seul : « La réalité est là pour apporter un démenti cinglant. J'ai des représentants partout. »

Pour le pays, il souhaite s’inspirer de son mentor : l’ancien président Abdoulaye Wade. « Ma vision est aujourd'hui celle que le président Wade avait déclinée en libéralisme social qui peut encourager la concurrence tout en soutenant les couches les plus défavorisées », dit-il.

Un exercice d'équilibriste

Mener son aventure revendiquant sa filiation avec Abdoulaye Wade mais sans le PDS, c’est l’équation que doit encore résoudre le candidat. En effet, début octobre 2018, Madické Niang se porte candidat à la présidentielle. Un coup d’éclat rapidement désavoué par la majorité du Parti démocratique sénégalais. Désavoué surtout par Abdoulaye Wade. L’ancien président signe un communiqué au vitriol dans lequel il accuse le dissident d’être téléguidé par le pouvoir, directement par Macky Sall.

Pourtant, Madické Niang a toujours assuré s’être positionné comme le plan B, le recours en cas d’invalidation de la candidature de Karim Wade. L’homme a vu juste. Le candidat investi par le PDS a bien été exclu du scrutin par le Conseil constitutionnel. La ligne du parti, elle, n’a pas bougé : c’est Karim Wade ou rien.

Né à Saint-Louis, Madické Niang est un fidèle parmi les fidèles d’Abdoulaye Wade. Ministre des Affaires étrangères en 2009, il est encore l’avocat de l’ancien président lors de l’affaire Babacar Seye. A 65 ans, l’homme assure qu’il sera la surprise de l’élection.

Papis Lo, étudiant, est quant à lui mitigé sur les chances de Madické Niang. « C'est vrai qu'il a pris ses responsabilités. Il veut partir tout seul. Pour moi, il ne sait pas ce qu'il veut. Je pense que c'est ça son problème. »

Reste à savoir si le vote des électeurs du parti est conditionné par le soutien d’Abdoulaye Wade. Un geste que le candidat n’a toujours pas obtenu.

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