Attentat du Bardo: les avocats de victimes plaident contre la peine de mort

Un policier monte la garde à l’extérieur du musée du Bardo à Tunis, le 8 avril 2015.
© REUTERS/Anis Mili

Après l’étude du fond du dossier et les derniers interrogatoires d'accusés, les avocats français ont plaidé ce vendredi 1er février contre la peine de mort et les avocats de la défense ont entamé leurs plaidoiries. C’est la dernière étape avant que la cour ne se retire et délibère. Vingt-deux personnes étaient présentes hier sur le banc des accusés.

L’audience a d’emblée donné la parole à deux derniers accusés qui n’avaient pu être entendus la semaine dernière. Le premier dit avoir collaboré sous la contrainte, affirmant que son passage dans un camp d’entraînement libyen devait le conduire en Syrie et non en Tunisie.

Le second a refusé de répondre aux questions, évoquant un verdict écrit d’avance et dénonçant ses mauvaises conditions de détention.

Puis Gérard Chemla, qui représente vingt-deux Français et trois associations de victimes, a pu prendre rapidement la parole : « Nous savons bien que la cour a été irritée par le fait que nous nous mêlions de quelque chose qui ne nous regarde pas. »

L’avocat français s’est adonné à un court plaidoyer afin d’éviter que soient prononcées des peines capitales : « Le message le plus fort que nous pouvions porter, c’était de dire : cette affaire est dramatique, elle a boulversé la vie d’un certain nombre de personnes, elle en a tué d’autres. Mais pour autant, nous ne portons pas nous, la loi du talion avec nous. Et la notion de la peine de mort est quelque chose qui nous est à la fois étranger et douloureux. C’est un débat que nous avons eu avec nos clients. »

Au nom des victimes qu’elle représente, maître Berger-Stenger attend que justice soit faite : « Oui, ce qu’elles attendent, c’est qu’il y ait une justice. Maintenant pour une victime française, être quasiment associé à une peine capitale, c’est quelque chose qui n’est pas entendable. »

La Tunisie applique un moratoire sur la peine de mort depuis 1991 mais ce moratoire n’a aucune portée juridique.

L’attaque du Bardo avait fait 22 morts et 43 blessés en mars 2015, principalement des touristes, et avait été revendiquée par le groupe Etat islamique.

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