Madagascar: le Premier ministre à l'Assemblée à 24h de la fin de la législature

Le Premier ministre Christian Ntsay présente, comme le veut la Constitution, son programme de mise en œuvre de la politique générale de l'Etat au Parlement, lundi 4 février, à la veille de la fin du mandat des députés.
© RFI / Sarah Tétaud

Le Premier ministre malgache et son gouvernement ont passé leur lundi au sein de la chambre basse du Parlement. Pour le numéro deux de l’Etat, l’exercice consistait, comme le prévoit la Constitution, à présenter le programme de mise en œuvre de la politique générale de l’Etat voulue par le président. Or à la place, les parlementaires ont surtout eu droit à la réitération de la longue liste d’engagements pris par Andry Rajoelina durant sa campagne.

Retrouver l’indépendance alimentaire, stopper l’exportation de zébus, équiper les hôpitaux du pays, rétablir la confiance de la population envers les forces de l’ordre, augmenter les recettes fiscales, réhabiliter les routes nationales, atteindre les 400 mégawatts d’électricité produits cette année et dépasser la barre des 500 000 visiteurs de l’île en cinq ans. Autant d’objectifs à atteindre, énumérés lundi au Parlement par le Premier ministre. Mais sans explication de « comment » ni « avec quel argent ».

Finalement, Christian Ntsay réalisé un bis repetita du discours tenu par le chef de l’Etat quelques jours plus tôt. « Le respect d’une formalité constitutionnelle », mais une « perte de temps pour le gouvernement et pour les députés », affirme Mamy Rajaonson, député TIM, le parti de Marc Ravalomanana, qui comme près du tiers de ces collègues a boycotté le discours du Premier ministre en cette veille de l’échéance de la législature.

« Je suis venu à l’Assemblée nationale parce que j’avais des papiers à régulariser. Mais c’est seulement pour ça que je suis venu ici au palais, explique le député. Le programme général de l’Etat, ça ne m’intéresse pas : on termine notre mandat demain, donc on n’officiera plus comme contrôleur de l’exécutif ! A quoi bon perdre du temps ? »

A l’inverse, Marie Jeanne d’Arc Masy Goulamaly, députée indépendante de Tsiombe, dans le Grand Sud de l’île, a elle, comme bon nombre de ses collègues, interpellé le Premier ministre à l’issue de sa présentation.

« Ces derniers temps, il y a 330 bateaux qui pêchent dans la mer, au sud de la région Androy, et qui ramassent toutes les richesses de Madagascar. Moi, j’ai pris la parole pour demander à Monsieur le Premier ministre : pourquoi vous n’avez pas mis dans votre programme, l’annulation [des autorisations] des bateaux qui travaillent dans le sud de l’île. Parce que c’est un danger pour les habitants du Sud. Donc, si vous pouvez le faire pour les zébus [c’est-à-dire interdire les exportations, NDLA], vous pouvez le faire pour les poissons », argumente-t-elle.

Pendant près de quatre heures, les députés ont émis tour à tour de nouvelles propositions. Histoire d’agrémenter une politique générale de l’Etat déjà riche en mesures, mais muette sur la méthode de réalisation.

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