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RCA Réfugiés

[Reportage] RCA: à Alindao, la vie reprend ses droits, mais la méfiance reste

Des soldats de la Minusca devant l'église d'Alindao, RCA.
© RFI/Charlotte Cosset

En Centrafrique, au mois de novembre dernier, des évènements dramatiques ont eu lieu au sein du camp de déplacés de l’évêché d'Alindao, à moins de 500 km à l'est de Bangui. Une attaque et un incendie ont visé le site de déplacés qui compte environ 20 000 personnes. Le bilan reste incertain, plusieurs dizaines de personnes y ont été tuées. Certaines sources estiment qu’il pourrait y avoir en réalité plus de 100 victimes. Aujourd’hui, la plupart des déplacés sont revenus, les abris ont été reconstruits, la vie reprend sous l’œil attentif de la Minusca.

Toussaint est en train de raboter un gros morceau de bois. Ce menuisier réalise une commande pour une ONG. Il est encore traumatisé par les évènements de novembre : « Avec mes quatre enfants, on a passé deux semaines dans la brousse, à 15 kilomètres... Ici, vraiment, la situation est préoccupante. Nous ne sommes pas tranquilles par les exactions des Seleka. Ils ont toujours tendance à nous faire du mal. Grâce à la Minusca, nous sommes ici. La Minusca nous protège. »

Une présence visible à l’entrée du camp de déplacés. Très critiqué en novembre, le contingent des Mauritaniens a été renforcé par un contingent de Gabonais et de Rwandais.

L’abbé Arsène, le seul religieux encore présent à l’évêché, voit la vie reprendre mais les craintes sont bien là : « Malheureusement, je peux dire que c’est comme s’il y a une guerre froide comme s’il n’y a pas trop de coups de feu) d’armes, mais il y a des tueries de part et d’autre en brousse dans les champs. Il y a toujours ce traumatisme qui se manifeste de plusieurs manières, mais les gens espèrent toujours. Comment cela se passe avec l’UPC ? Bon ils sont toujours là. On ne connait pas leurs intentions cachées. »

L’église porte encore les stigmates des violences de novembre, impacts de balles et traces de flammes. A Alindao, les bâtiments officiels sont désertés et la ville occupée par les hommes de l’UPC. Ils patrouillent et contrôlent les axes. La semaine passée, 12 personnes ont été tuées sur les routes dans la zone, selon le bilan d’une ONG.

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