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Somalie Shebabs

Somalie: les shebabs revendiquent deux nouvelles attaques dans le pays

Les deux attaques de ce lundi 4 février 2019 en Somalie ont visé la capitale Mogadiscio et le port du nord du pays, Bosasso.
© Google Maps

Deux nouvelles attaques ont touché la Somalie, ce lundi. Une voiture piégée a explosé sur un marché du sud de la capitale, Mogadiscio, tuant au moins neuf civils. L’attentat a été revendiqué par les islamistes shebabs. Les shebabs qui ont aussi revendiqué, ce même jour, l'assassinat du directeur du port de Bosasso, dans le nord du pays.

Deux attentats en une matinée. A Mogadiscio, c’est un véhicule bourré d’explosifs qui a explosé ce lundi matin près d’un centre commercial dans un quartier sud de la capitale. Selon un premier bilan, il y a au moins neuf morts. Une action revendiquée par les shebabs. Le groupe a été chassé de Mogadiscio, il y a huit ans de cela, mais cela ne l’empêche pas d’y mener des attentats suicides.

L’autre attaque a eu lieu dans le nord du pays. Il s’agit de l’assassinat du directeur du port de Bosasso. L’homme, originaire de Malte, a été abattu dans l’enceinte portuaire par deux hommes armés. Il était responsable du port depuis moins de deux ans, pour le compte de la société P&O ports qui est une filiale du groupe DP World. Une société émiratie qui avait signé un contrat de 30 ans pour la gestion et le développement de ce port. Dans leur communiqué, les shebabs expliquent que cet assassinat fait partie d’un plan « qui cible les compagnies mercenaires qui pillent les ressources de la Somalie ».

Pour le chercheur Omar Mahmood, de l’Institut des hautes études de sécurité, cet assassinat est « inhabituel ». « Ce qui est inhabituel, explique-t-il, c’est d’avoir ciblé un étranger travaillant pour la société qui gère le port de Bossasso et que la revendication ait été aussi rapide. J’ai vu le texte où le groupe affirme avoir mis en garde à plusieurs reprises cette personne. Tout cela soulève beaucoup de questions quant aux raisons de cet assassinat. L’une des hypothèses est liée à l’extorsion de grosses sociétés. Les shebabs sont connus pour cette pratique. Et sont notamment en compétition dans cette région avec leurs rivaux, affiliés au groupe Etat islamique. Est-ce qu’ils essayaient de soutirer de l’argent à cette importante multinationale ? Je ne sais pas. C’est déjà arrivé dans le passé. L’autre discours que tiennent souvent les shebabs, c’est de dire que les ressources naturelles de la Somalie sont exportées par des étrangers, par des puissances extérieures. Ils n’ont jamais évoqué cela au sujet des ports – ça, c’est nouveau. Mais ils accusent régulièrement les étrangers de venir piller les ressources naturelles du pays. »

Ces deux attaques surviennent moins d’un mois après l’attentat de Nairobi et elles montrent que les shebabs ont toujours une importante force de frappe même s’ils ne sont plus présents dans la capitale. Et ce, alors que l’Amisom, la force de maintien de la paix en Somalie de l’Union africaine qui compte environ 22 000 hommes sur le terrain, est censée se retirer progressivement du pays. Un retrait total initialement prévu en 2020, l’année prochaine donc.

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