«Madoff béninois»: de lourdes peines de prison contre les principaux accusés

Une rue de Cotonou au Bénin (image d'illustration).
© Getty Images/Raido Valjamaa

Le verdict est finalement tombé après onze heures de délibération au Bénin dans le procès ICC Services, surnommée « l'affaire des Madoff béninois ». De lourdes peines de prison ont été prononcées contre les principaux accusés et les petits épargnants qui avaient tout perdu dans cette affaire et qui ont témoigné à la barre devraient récupérer leur mise.

Au Bénin, le procès ICC services, ouvert le 17 décembre 2018, a connu son épilogue hier, mercredi 6 février 2019 au soir. Il s’agit d’une vaste escroquerie « à la Madoff » version béninoise. Plus de 94 000 épargnants à qui ICC a fait miroiter des taux mirobolants de 160% ont perdu leur mise évaluée à plus 100 milliards de francs CFA.

« Satisfait »

La Cour n’a pas retenu l’infraction « d’association de malfaiteurs ». Le PDG, le directeur général et un chef d’agence très influent dans le dispositif ICC sont condamnés à dix ans de prison ferme pour escroquerie avec appel à public et exercice illégal d’activité de banque. Me Hervé Gbaguidi, le chef de file du collectif des avocats de la défense s’en réjouit :« Satisfait. Je n’ai pas perdu. S’ils ont déjà fait presque neuf ans en détention et qu’on leur applique une peine de dix années, et qu’il leur reste à peine un an et quelque mois à passer c’est un exploit. »

Il y avait surtout dans ce procès une grosse attente de la part des spoliés. La Cour leur a reconnu la qualité de victime. Ces épargnants seront remboursés avec l’argent de la vente des biens meubles et biens immobiliers appartenant aux mis en cause. Les biens meubles ont déjà été vendus et ont rapporté plus d’un millions d’euros. Cet argent servira à rembourser un premier groupe de victimes venus témoigner au cours du procès.

« Délivrance »

Me Alain Orunla, avocats des spoliés savoure cette victoire : « Justice a été rendue. Je suis fier d’avoir contribué à ce que les dépouillés de ICC désespérés retrouvent enfin la voie de la justice. C’est une délivrance ». Le droit des autres victimes a été réservé. En clair, un processus va démarrer pour les aider à se faire rembourser.

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