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Madagascar

Madagascar: la liste électorale attend ses électeurs retardataires

Dans un quartier populaire de Tuléar, le jour du 2nd tour de la présidentielle (décembre 2019). De nombreuses personnes patientent dans la cour : elles se sont vu refuser l'accès au bureau de vote car leur nom n'apparaît pas sur la liste électorale.
© Sarah Tétaud/RFI

Les tous jeunes majeurs et les « oubliés » de la précédente liste ont jusqu’à vendredi prochain 15 février pour se rapprocher de leur chef de quartier et demander à apparaître sur la nouvelle liste électorale... qui reste désespérément ponctuée de grands trous.

La Céni, qui coordonne la révision de la liste, vient de tirer la sonnette d’alarme. Très peu d’électeurs ont effectué la démarche, qui rappelons-le, est volontaire et non obligatoire. L’institution incite donc la société civile, les églises, les partis politiques et évidemment les autorités à s’activer un peu plus pour mobiliser les électeurs et faire en sorte que l’opération ne tourne pas au fiasco.

« Mais où sont passées toutes les personnes qui avaient râlé, à raison, le jour de la présidentielle, parce qu’on leur avait refusé l’accès au vote, faute de nom inscrit sur la liste ?! », s’insurge Hery Rakotomanana, le président de la Céni. Il demande à chacun de prendre ses responsabilités.

« L’inscription sur la liste électorale est actuellement insuffisante donc nous avons encore jusqu’au 15 février, date limite pour l’enregistrement des électeurs. Il faut que tout le monde s’y mette. »

+1,28% d’augmentation d’inscrits dans la capitale, +0,28% sur tout le territoire : des taux extrêmement faibles… La situation est telle qu’à l’heure actuelle la Céni a supprimé plus de doublons et de personnes décédées de la liste qu’elle n’a enregistré de nouvelles inscriptions…

Pour faire augmenter le nombre d’inscrits, on compte donc beaucoup sur les nouveaux majeurs. Mais difficile de savoir combien ils sont dans le pays, explique Olivier Ramahadison, le vice-président de la Céni : « Ah! Ca nous aiderait d’avoir les chiffres officiels tirés du recensement général de la population pour avoir une idée vraiment réelle du nombre de personnes majeures à Madagascar qui devraient être inscrites sur la liste électorale. Nous, au départ, on avait tablé sur un chiffre de 12 millions d’électeurs. On s’est dit qu’il y avait environ 24 millions d’habitants et que la moitié devait avoir plus de 18 ans. Mais ce n’était pas des chiffres officiels ou précis, plus des supputations. »

Si la Céni a besoin d’une liste nominative, les données du recensement pourraient néanmoins délivrer de précieuses informations. Cependant, aucun chiffre n’a encore été dévoilé, huit mois après sa réalisation.

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