Le Maroc interrompt sa participation militaire dans le conflit au Yémen

Dans les ruines de la ville de Saada, au Yémen, en novembre 2018 (photo d'illustration).
© REUTERS/Naif Rahma

Le Maroc ne fait plus partie de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen. L'annonce a été faite ce jeudi par des responsables gouvernementaux marocains. Traditionnel allié de Riyad, les relations diplomatiques se sont tendues entre les deux pays ces dernières semaines. L'ambassadeur marocain en Arabie saoudite, actuellement au Maroc, a d’ailleurs été retenu dans le royaume chérifien.

Ce n’est pas un rappel d’ambassadeur, mais plutôt une instruction à ne pas regagner son poste. C’est en tout cas ce qu’affirment des membres du gouvernement marocain, sous couvert d’anonymat. Les relations entre le Maroc et l’Arabie saoudite se sont refroidies ces dernières semaines, avec en toile de fond les préoccupations liées à la situation humanitaire au Yémen, mais aussi le différend sur le dossier qatari.

Lors de sa dernière tournée dans les pays arabes, un mois après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, le roi saoudien Salman ne s’était pas arrêté au Maroc, premier signe déjà de distorsion des relations pourtant si étroites entre les deux monarchies. Engagé dans la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles houthis au Yémen depuis 2015, le Maroc avait déjà depuis quelques mois montré des signes d’un retrait progressif de ses forces militaires.

Le Maroc et l’Arabie saoudite se livrent une bataille sourde par voie médiatique interposée. Déjà, quand Ryad avait voté contre la candidature marocaine pour l'organisation du Mondial 2026, cela avait été vécu comme une trahison par les Marocains qui ont appelé, dès l'été dernier, à rompre les relations diplomatiques.

L'été dernier, alors que le roi Salman avait l’habitude de venir passer un mois, l’été, dans son palais à Tanger, son fils MBS lui avait déconseillé de le faire et le roi s’en était abstenu.

Il y a trois semaines, après un entretien accordé par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à la chaîne qatarie Al-Jazira dans lequel il officialisait son changement de cap vis-à-vis du Yémen, ce fut au tour de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya de diffuser un documentaire sur le Sahara occidental, à charge pour le Maroc, dans lequel le royaume était qualifié « d’envahisseur » de ce territoire contesté.

De quoi bien sûr provoquer l’ire du Maroc et signe que la crispation entre les deux pays est déjà bien engagée.

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