RCA: un accord qui ne suffit pas pour la société civile

Signature d'un participant à l'accord de Khartoum lors de la cérémonie à Bangui le 6 février 2019.
© AFP Photos/Florent Vergnes

En Centrafrique, l’accord de paix qui a été signé mercredi a été dévoilé ce vendredi 8 février. L’une des questions centrales reste celle des poursuites judiciaires.

De grandes mesures sont énoncées dans l'accord dont la cessation des hostilités immédiates par les groupes, la création d’un gouvernement inclusif, la création d’unités mixtes de sécurité ou encore un statut pour les anciens chefs d’Etat. Il prévoit aussi une commission inclusive composée des différentes parties et donc des représentants des groupes armés. Elle sera chargée « de qualifier et de proposer toute action susceptible d’être prise en justice ».

Pas satisfant pour Gervais Lakosso

Pour Gervais Lakosso, coordonnateur du groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine, une telle mesure n’est pas satisfaisante : « Non ce n’est pas suffisant. Est-ce que les victimes auront le courage et l’envie d’aller déposer plainte à partir du moment où leurs bourreaux continueront de garder l’instrument de malfaisance en main ? Ça ne va pas les encourager, ils ne voudront pas prendre ce risque-là. »

Dans cet accord, la commission Vérité, justice, réconciliation, réparation a un rôle prépondérant. Lewis Mudge de Human Rights Watch reste de son côté attentif : « Pour nous, avoir une commission de réconciliation et une commission inclusive qui comprend des membres de groupes armés, ce n’est pas tout à fait une mauvaise chose, mais on va rester vigilant pour être sûr que cette commission inclusive ne va pas être un prétexte pour freiner la justice ici en RCA. »

Une volonté de justice qui a été fortement exprimée lors du Forum de Bangui en 2015. Et qui doit notamment se matérialiser avec la mise en place de la Cour pénale spéciale.

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