Tunisie: prison à vie pour sept accusés dans les procès du Bardo et de Sousse

Un policier monte la garde à l’extérieur du musée du Bardo à Tunis, le 8 avril 2015.
© REUTERS/Anis Mili

En Tunisie, la justice a condamné, ce samedi 9 février, sept accusés à la prison à vie dans les procès des attentats de 2015 contre le musée du Bardo et un hôtel à Sousse. Soixante-et-une personnes ont été tuées. A l’issue néanmoins de ces deux procès, beaucoup de zones d’ombre perdurent.

Il y avait des dizaines de personnes sur le banc des accusés mais beaucoup y étaient pour avoir été en contact avec des fugitifs. Les principaux responsables ont été tués ou sont donnés pour morts. L'étudiant qui avait ouvert le feu sur une plage et dans un hôtel, à Sousse, avait été abattu.

Présence d'amphétamines

Celui qui est présenté comme cerveau de l'opération contre le Bardo, Chamseddine Sandi, aurait été tué, en 2016, dans un raid américain, en Libye, selon des médias tunisiens. Les investigations ont montré la présence d'amphétamines dans le corps de l'un des tireurs.

Le deuxième assaillant s'était rendu en Syrie, en décembre 2014, en passant par la Libye, mais rares sont les dépositions à avoir apporté un réel éclairage sur les faits. C'est d'ailleurs ce que déplore l'avocat des victimes françaises de l'attentat du Bardo.

Un « organisateur central »

« On sait qu'il y a un organisateur central et deux tireurs, mais la motivation intime des accusés ne semble pas intéresser le tribunal », explique Maître Gérard Chemla.

Ces audiences avaient un caractère un peu particulier puisqu'elles ont pu être suivies dans des salles d'audience, notamment en France, mais aussi en Belgique.

Sept condamnations à la prison à vie

Sept condamnations à la prison à vie ont été prononcées. Cinq autres accusés écopent de peines allant de six mois à six ans de prison. Dix-sept autres ont été acquittés. On sait déjà que le parquet veut faire appel. Au vu de la manière dont tout le procès s'est déroulé, l'avocat des victimes françaises, lui, hésite.

Une grande amertume

Joint par RFI, Maître Chemla explique pourquoi ce procès est une déception.

« Il faut bien comprendre que deux procès se sont tenus en même temps, à deux jours d’intervalle à chaque fois, à savoir le procès de l’attentat de Sousse et celui de l’attentat du musée du Bardo. Nous n’avons eu aucun accès au dossier, à l’audience, concernant l’attentat de Sousse et pourtant, le verdict a été rendu en même temps. Le tribunal a ainsi considéré que ces deux affaires devaient être jugées ensemble sans en faire profiter les victimes et, d’un bout à l’autre, on s’est quand même rendu compte que la façon dont la justice tunisienne traitait ses affaires, était anormale », souligne-t-il avant de signaler d’autres précisions.

« Il faut bien comprendre qu’on a eu une journée et demie de débats, c’est-à-dire qu’on a fait l’instruction à l’audience concernant 25 accusés et plus de 15 tonnes de procédures, en une dizaine d’heures, ce qui n’a pas permis de comprendre réellement quelles étaient les charges pesant sur les uns et les autres, et ce d’autant plus que nous n’avons pas la copie du dossier traduite en français. Donc, si vous voulez, une grande amertume sur la façon dont la justice est rendue dans cette affaire », conclut-il.

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