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Djibouti France

France: l'opposant Mohamed Kadamy cité à comparaître par l'Etat djiboutien

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh à son arrivée au sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, le 10 février 2019 (illustration).
© REUTERS/Tiksa Negeri

Un opposant djiboutien réfugié en France, Mohamed Kadamy, comparaîtra mercredi 13 février devant un juge du Tribunal de grande instance de Paris. Des magistrats djiboutiens mettent en cause le président du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie à Djibouti (FRUD) dans une affaire «d'atteinte à l'intégrité des personnes». Les faits remontent à 2015 lors d'accrochages entre le Frud et l'armée. Pour Mohamed Kadamy, qui vit en France depuis près de vingt ans et a obtenu l'asile en 2006, il s’agit de représailles de la part du pouvoir djiboutien. Un possible « échange de politesse entre la justice française et la justice djiboutienne », selon son avocat.

« C’est une intimidation, c’est une pression de plus, parce que depuis quelques mois le régime essaie par tous les moyens d’entrer en contact avec nous - avec le Frud - pour négocier», nous explique Mohamed Kadamy, joint par téléphone.

« Mais négocier, pour eux, cela veut dire rentrer dans leur rang, avoir quelques postes ministériels. Personnellement, nous voulons une transition (vers) la démocratie. Nous voulons une transition et ce n’est pas seulement des revendications du Frud, mais c’est des revendications de l’ensemble de la population et de l’ensemble des forces politiques - aujourd’hui -, d’opposition.

Et c’est ça qui fait problème pour Ismaïl Omar Guelleh. Il sait qu’il et très isolé - c’est par la force qu’il gouverne - et il est non seulement isolé à l’intérieur, mais il est isolé sur le plan extérieur. Donc aujourd’hui il y a une situation très, très difficile pour lui et donc il veut mener le combat jusqu’à Paris, contre les opposants qui incarnent aujourd’hui l’espoir et qui fait problème pour le Djibouti ».

Pour maître Bérenger Tourné, avocat de l'opposant, cette procédure lancée par Djibouti est simplement un moyen de l'atteindre. L'avocat déplore le fait que la France ait décidé de donner suite à cette demande d'entraide judiciaire de la part de Djibouti.

« C’est sur le plan des principes que ce dossier heurte, nous explique t-il. Nous voilà convoqués pour une première comparution en France, de manière à ce qu’il puisse être interrogé par une juge djiboutienne dans le cadre d’un dossier monté de toutes pièces, là-bas, relativement à une altercation qu’il a pu y avoir, entre ces forces armées et certains militants du FRUD, ce qui n’a d’ailleurs donné lieu à aucune victime et à rien d’autre que trois voitures calcinées.

Il se dit que ce serait un échange de politesse entre la justice française et la justice djiboutienne, Kadamy contre des informations dans le cadre de notre dossier, ou en tout cas d’une personne que la justice française voudrait interroger à Djibouti. Je n’en sais pas plus. Mohamed Kadamy est réfugié politique, et par ailleurs, alors qu’on lui accorde ce statut protecteur, il est assez déplorable que le garde des sceaux ait donné suite à cette demande d’entraide de la part de Djibouti ».

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