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RDC Finances

Grogne sociale en RDC: faut-il un audit des services publics?

A Kinshasa, un autobus de la compagnie Transco, société de transports en commun de la République démocratique du Congo.
© Junior D. Kannah / AFP

En République démocratique du Congo, face à la grogne sociale, deux cadres de l'UDPS appellent le nouveau président Félix Tshisekedi à lancer un audit des comptes de l'Etat et de toutes les entreprises publiques. Pour le secrétaire général de ligue des jeunes de l'UDPS, Ted Beleshayi et son collègue Laurent Munzemba, pour « changer le social », il faut d'importants moyens financiers. Or, notent les deux membres du parti présidentiel, la corruption et les détournements de fonds ont appauvri l'Etat. « Le peuple ne nous trouvera aucune excuse », insistent-ils. Qu'en est-il ?

Depuis que Félix Tshisekedi a ordonné le paiement des arriérés de salaires des agents de Transco, la compagnie publique de bus, d'autres revendications sociales ont fait surface. Partout, des arriérés, des dettes alors que les services publics fournis sont très limités.

La Ligue congolaise de lutte contre la corruption souhaite des audits. « La Snel ( Société nationale d'électricité) est dans un état déplorable. Il faudrait que l'on voit quelle est la cause, pourquoi la Snel ne rend pas service aux citoyens, pourquoi la régie des eaux ne rend pas service aux citoyens. C'est par un audit organisationnel, par un audit financier qu'on pourra relever tous les défis, toutes les faiblesses et remédier à ces faiblesses-là », juge Ernest Mpararo, président de la Licoco (Ligue congolaise contre la corruption).

Pour l'Observatoire de la dépense publique, une autre ONG congolaise, des audits oui, mais il faut surtout renforcer les institutions chargées d'assurer ce contrôle. « Nous avons fait un grand plaidoyer à partir de 2014-2015 pour que l'on puisse réhabiliter la Cour des comptes, mais aussi renforcer le travail de l'Inspection générale des Finances parce que ce sont les deux organes supérieurs de contrôle des finances publiques pour lutter contre la corruption, mais aussi les malversations financières », dit Valery Madianga, chargé de communication de l'Odep.

Or, en dépit de la loi, l'Inspection générale des Finances dépend toujours aujourd'hui de la présidence. La Cour des comptes, elle, a fait l'objet d'une nouvelle loi en novembre dernier... mais n'a toujours pas, selon la société civile, suffisamment de moyens financiers et humains.

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