Terrorisme islamiste au Kenya: Mombasa, un foyer pas totalement apaisé

Les forces de l'ordre se déploient près du commissariat de Mombasa après qu'une attaque terroriste présumée a été déjouée, le 11 septembre 2016.
© REUTERS/Joseph Okanga

Deux mois après l’attaque terroriste contre le complexe hôtelier Dusit à Nairobi, l’enquête se poursuit. L’opération revendiquée par les islamistes shebabs, qui avait fait 21 morts, était la première du genre dans la capitale depuis cinq ans. L'opération avait commencé par un attentat-suicide commis par Mahir Khalid Riziki, un Kenyan de 25 ans originaire de Mombasa. La grande ville de la côte où la lutte contre la radicalisation avait pourtant porté ses fruits ces dernières années.

Ancien membre d’un gang, Ahmed Mohamed Ali est un criminel en cours de réhabilitation. Habitant de Majengo, un quartier à la réputation sulfureuse, il a connu Mahir Khalid Riziki, l’homme à la ceinture d’explosifs. « On le connaissait. C’était un chauffeur de taxi. Ça nous a choqué de voir qu’il avait commis l’attentat suicide. C’était quelqu’un de calme, qui n’était en conflit avec personne. Donc il avait gardé ses activités terroristes secrètes. »

Il y a encore quelques années, la zone de Mombasa était un haut lieu de l’islamisme au Kenya. Mais pour Johnston Okasida Ipara, chef de la police du comté, la situation s’est améliorée. « Vous voyez les touristes se presser à Mombasa. Les choses ont changé. Ces activités ont été réduites au minimum. Là on parle d’une personne. Le ratio est négligeable. Et on est capable de le gérer », assure-t-il.

Mis sous pression à Mombasa, les shebabs recrutent dans d’autres régions désormais. Mais le phénomène n’a pas disparu de la côte comme l’explique Sheikhalfani Ali, secrétaire régional du Conseil suprême des musulmans.
« Le phénomène n’est pas visible comme avant, dit-il. C’est beaucoup plus secret. Comme les dynamiques changent, nous devons aussi changer de tactique. Maintenant le recrutement se fait plus en ligne. Et nous devons apprendre à nos imams, nos chefs religieux à utiliser internet, les réseaux sociaux. »

Selon plusieurs sources, la cellule terroriste avait également prévu d’attaquer Mombasa. Preuve que la région n’en a pas encore fini avec ses démons.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.