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Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: Alain Lobognon condamné en appel à six mois avec sursis

Alain Lobognon (à gauche) en 2013.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Ce député proche de Guillaume Soro avait été condamné en première instance le 29 janvier à un an de prison ferme pour « divulgation de fausse nouvelle, trouble à l’ordre public et incitation à la violence ». En cause : un tweet début janvier dans lequel Alain Lobognon annonçait que le procureur avait ordonné l’arrestation du député PDCI et maire élu du Plateau Jaques Ehouo.

C’est ceint de son écharpe tricolore, le visage creusé et barbu, qu’Alain Lobogon comparait. Les parties se penchent d’abord sur les exceptions soulevées par la défense qui estiment que la loi en matière d’immunité parlementaire et de traitement judiciaire des anciens ministres n’est pas respectée. Et que le cas Lobognon ne relève pas du flagrant délit. Exceptions rejetées par la Cour.

Puis, durant les cinq heures de débat qui suivent, il est beaucoup question de liberté d’expression et de l’usage des réseaux sociaux. Le président Ali Yeo concède, non sans humour, son manque de pratique en la matière. « Nous autres, sauf peut-être vous M. le président, avons tous eu à tweeter, snapper whatsapper, sans avoir eu à passer devant un tribunal », relève l’un des avocats de la défense.

Autre axe de défense des avocats de Lobognon : démontrer qu’il n’y a pas de « fausse nouvelle » puisque l’intention du procureur Adou, en envoyant deux camions de police chez le député Ehouo au lendemain du tweet était bien de l’arrêter et non de lui remettre simplement une convocation.

Pour le procureur général en revanche, les faits sont caractérisés. « Quand on a été un homme d’Etat et qu’on est un homme politique, il y a des actes qu’il ne faut pas poser », estime Marie Leonard Lebry qui réclame alors six mois avec sursis et une remise en liberté immédiate. Réquisitions suivies par la Cour.

« Je trouve que ca ne fait pas honneur à notre pays, à savoir que la liberté d’expression est bâillonnée, et pour un simple tweet un député a été privé de sa liberté », déclare à la fin de l’audience Me Affoussiata Bamba Lamine, l’une des avocates d’Alain Lobognon, qui indique que la défense va saisir la Cour suprême.

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