Kenya: la veuve d'un ancien shebab témoigne

Des habitants de Mpeketoni observent les dégâts provoqués au lednemain de l'attaque des shebabs, le 16 juin 2014.
© REUTERS/Joseph Okanga

Au Kenya, un mois après l’attaque terroriste contre le complexe hôtelier Dusit à Nairobi, l’enquête se poursuit. L’opération revendiquée par les islamistes shebabs, qui avait fait 21 morts, était la première du genre dans la capitale depuis cinq ans. Un attentat-suicide avait été commis par Mahir Khalid Riziki, Kényan de 25 ans originaire de Mombasa. Comme lui, plusieurs jeunes de la grande ville côtière ont été séduits par les shebabs. RFI a rencontré la veuve d’un terroriste.

Elle ne reçoit pas chez elle et ne donnera pas son vrai nom. Latifa est veuve depuis cinq ans. Son mari faisait partie du commando terroriste ayant attaqué la ville de Mpeketoni, près de la frontière somalienne.

« Il a disparu pendant huit mois. Un jour il a appelé pour dire qu’il était dans un endroit où il y avait de la religion. Il avait un numéro somalien et derrière lui des gens parlaient somali. Puis quand Mpeketoni a été attaquée, quelqu’un de Somalie a contacté la famille pour dire que mon mari était devenu un martyr. On a voulu récupérer le corps mais la police nous a dissuadés. Les habitants étaient furieux et on aurait eu des problèmes. »

Durant ses années de mariage, Latifa n’a jamais vraiment su que son époux était un islamiste. Même si quelques mois après leur union, la police l’a accusé d’avoir voulu passer en Somalie.

« Je n’avais rien suspecté sinon je l’aurais quitté. Je l’ai questionné à son retour. Il a nié, parlé de fausses accusations. Et il n’y avait pas de preuve claire contre lui. C’est vrai il passait beaucoup de temps à la mosquée mais aussi à la maison pour écouter des sermons sur internet. Mais je ne sais pas s’ils étaient radicaux. Je pensais qu’il pratiquait normalement sa religion. »

Aujourd’hui Latifa fait partie d’un groupe de femmes ayant subi des expériences similaires. Et elle élève son enfant, seule. « Je me dit que c’est le destin. Je dois continuer ma vie à cause de mon fils. Car s’il sent que je ne vais pas bien, ça va le toucher. Je dois tourner la page pour lui. »

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