Nigeria: les partis politiques officiellement autorisés à battre campagne

Les urnes prévues pour le scrutin du 16 février au Nigeria ont été rangées après l'annonce du report des élections d'une semaine.
© REUTERS/Luc Gnago

Au Nigeria, au lendemain du report d’une semaine des élections générales qui devaient se tenir le 16 février, l’heure est à la réorganisation pour les candidats. Le scrutin se tiendra samedi 23 septembre. Ce lundi soir, la Commission électorale a donné son feu vert aux partis politiques pour battre campagne jusqu’à jeudi soir minuit.

Les partis politiques sont officiellement autorisés à tenir des meetings et à véhiculer leurs programmes dans les médias jusque jeudi minuit. Une mesure prise suite à des consultations avec les partis politiques qui s’étaient un peu plus tôt mobilisés pour faire entendre leur cause, précise la Commission électorale nationale indépendante du Nigeria (INEC).

Avec le report subit du scrutin, de nombreux électeurs ont été frustrés, déçus et ont perdu de l’argent. Pour les leaders du Parti du Congrès Progressiste (APC), parti au pouvoir, tout comme pour les partis de l’opposition, la reprise de la campagne électorale était nécessaire.

A ce stade, elle vise notamment à sensibiliser les électeurs sur l’importance de se déplacer à nouveau pour aller voter samedi.

De son côté, la commission électorale veut faire acte de transparence. Elle organisera une conférence de presse, mardi après-midi, pour évoquer l’état d’avancement des préparatifs du scrutin.

D’ores et déjà, elle dispose de peu de temps pour réorganiser le scrutin de samedi. Il lui faudra redistribuer le matériel électoral, à temps, pour pourvoir les 120 000 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire.


► « Les pertes pour l’économie sont considérables »

Face à ce report, les électeurs, tout comme les entreprises doivent se réorganiser. Les pertes pour l’économie sont considérables, explique à RFI Muda Yusuf, directeur général de la Chambre de commerce et de l’industrie de Lagos.

Muda Yusuf: Ce report affecte autant les petites entreprises que les grosses compagnies et cela concerne tous les secteurs de l’économie. Il faut compter aussi les pertes accusées par les partis politiques, en termes de mobilisation de leurs agents électoraux pour suivre le processus.

Des pertes aussi pour le gouvernement qui a assuré les dépenses de la commission électorale pour déployer le matériel électoral. En effet, le matériel électoral a dû être rapatrié à Abuja et les autorités devront, de nouveau, distribuer ce matériel, cette semaine, et bien sûr cela a un coût.

Les conséquences économiques sont importantes. On estime à 1,5 milliard de dollars, l’ampleur des pertes occasionnées par le report du scrutin.

RFI: Quels sont les secteurs les plus affectés par ce report ?

Nous avons assisté à un arrêt total de l’économie du pays. Aucun secteur n’a fonctionné, ce week-end. Les transports sont affectés, les frontières et les ports ont été fermés. Les places financières ont été touchées et les marchés n’ont pas fonctionné. Or, le secteur de la distribution est un secteur important de notre économie.

De nombreux opérateurs économiques ont voyagé à travers le pays pour aller voter dans leur localité d’origine. Par conséquent, tous les secteurs sont impactés  par ce ralentissement.

Le pays peut-il rattraper ce retard ?

Cette semaine, il y aura très peu d’activités économiques. C’est difficile de récupérer ces pertes. A l’avenir, les autorités fédérales devront faire preuve d’un meilleur sens de la planification. Ces difficultés rencontrées par la Commission électorale étaient prévisibles. Elle aurait pu alerter tout le monde beaucoup plus tôt, afin que chaque secteur anticipe ce retard. Cela aurait, par exemple, évité aux commerçants de laisser leurs boutiques fermées, pensant que les élections se tiendraient à date prévue.

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